Social:

RSS:

Radio Vatican

La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde

Autres langues:
Lire l’article Accéder au menu

Vatican \ Activités

Irak : Mgr Tomasi juge nécessaire l'intervention militaire

Mgr Silvano Tomasi, l'observateur permanent du Saint-Siège auprès des agences de l'ONU à Genève. - AP

10/08/2014 11:35

(RV) Sur les ondes de Radio Vatican, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des institutions onusiennes à Genève, Mgr Silvano Tomasi lance un appel d’urgence pour éviter une catastrophe humanitaire dans le nord de l’Irak. Il juge que l’intervention militaire peut être nécessaire contre les djihadistes. Et se félicite d’un changement de comportement de la communauté internationale, restée longtemps indifférente.  

 « Il est évident qu’il faut défendre même physiquement les chrétiens du nord de l’Irak », affirme Mgr Tomasi. Mais alors que des dizaines de milliers de personnes ayant fui Qaraqosh et les villages environnants sont arrivés au Kurdistan, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies juge que l’urgence est de leur apporter l’aide humanitaire manquante, de l’eau et de la nourriture, « parce que les enfants, les personnes âgées sont en train de mourir en raison du manque d’aide alimentaire. Il faut intervenir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ». Une intervention humanitaire est requise.

« Arrêtez de soutenir les djihadistes »

Pour le diplomate du Saint-Siège, « peut-être que l’action miliaire est nécessaire en ce moment », mais il souligne néanmoins l’urgence « de faire en sorte que tous ceux qui fournissent des armes et de l’argent aux fondamentalistes, les pays qui tacitement les appuient, soient dévoilés au grand jour et arrêtent de les soutenir ainsi, parce qu’au bout du compte cela ne fait du bien ni aux chrétiens ni aux musulmans ».

Dans cette « tragédie » en cours au Moyen-Orient, les droits humains fondamentaux de tant de personnes et communautés entières sont violées. « D’une part, explique le prélat, nous avons ces fondamentalistes djihadistes qui au nom d’un Califat qu’ils veulent mettre sur pied, sont en train de détruire et de tuer sans miséricorde, et de l’autre il y a une certaine indifférence de la part du monde occidentale ». Selon Mgr Tomasi « quand il s’agit des chrétiens, il y a une fausse pudeur à en parler et en défendre les droits ». Il appelle donc « la voix de la conscience à se faire entendre avec clarté ».

Un Moyen-Orient sans chrétiens : un appauvrissement pour les musulmans

La communauté internationale commence à faire quelque chose. L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des agences onusiennes à Genève le reconnaît. Il cite le Secrétaire général des Nations Unies parlant de l’inacceptable crime commis contre les chrétiens, « mentionnant finalement pour la première fois les chrétiens par leur nom ». Puis le Conseil de sécurité a abordé la question des minorités du Moyen-Orient qui sont le plus à risque, en particulier les chrétiens et d’autres groupes ; « je dirais donc que c’est le début d’un changement de comportement, puisque les chrétiens qui sont exposés à une violation radicale de leurs droits, sont nommés explicitement ».

Il souligne également cette « nouveauté » : le fait que certains musulmans, comme par exemple le Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique, se soient exprimés avec des paroles « plutôt fortes » pour condamner ces persécutions de chrétiens innocents et pour défendre leurs droits, «  pas seulement celui de ne pas être tué et d’être respecté dans leur cadre de vie, mais aussi leur droit de vivre dans leurs maisons », comme tous les autres citoyens d’Irak ou de Syrie.

Un Moyen-Orient sans chrétiens, conclue-t-il, serait un « appauvrissement, non seulement parce que l’Eglise serait absente, mais pour l’Islam lui-même qui perdrait un encouragement à la démocratie et un sens de dialogue avec le reste du monde ».

10/08/2014 11:35