Social:

RSS:

Radio Vatican

La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde

Autres langues:
Lire l’article Accéder au menu

François \ Activités

Visite écourtée mais poignante du Pape à Tacloban

Le Pape François ce samedi à Tacloban - EPA

17/01/2015 07:04

(RV) C’est avec quatre heures d’avance sur le programme prévu que le Pape François a achevé son étape à Tacloban, dans le sud des Philippines, épicentre du terrible typhon Haiyan de novembre 2013, qui avait tout dévasté sur son passage, et causé la mort de milliers de personnes. Le Pape, arrivé vers 9 heures locales, a décollé à nouveau pour Manille vers 13 heures locales. Il était 6 heures à Rome. La menace en effet d’une tempête tropicale, avec de forts vents et pluie battante, a contraint le Saint-Père à célébrer sur le tarmac de l’aéroport une messe aussi rapide qu’émouvante, dont le temps fort aura été son homélie improvisée en espagnol et traduite simultanément en anglais. Homélie d’une grande simplicité pour dire aux survivants de cette catastrophe d’il y a un an que lui le Pape est proche d’eux, qu’il savait depuis le jour du drame qu’il devait venir jusque-là pour les soutenir dans l’épreuve et les réconforter.

Toute l’étape aura été menée au pas de course. Après la messe, François a quitté l'esplanade de l'aéroport, pour se rendre à l'archevêché de Palo, distant de quelques kilomètres, où il a pris un repas avec 30 survivants du typhon. Sur la route il a même pris le temps de s'arrêter une dizaine de minutes dans la maison d'une famille de pêcheurs. Après le déjeuner le Pape s'est rendu quelques instants à la cathédrale de Palo où il a salué rapidement l'ensemble du clergé de la région qui l'attendait pour une rencontre, mais réduite à quelques instants vu les conditions météo très difficiles. Ce qui n’a pas empêché François de demander à l’assistance d’entonner un « Happy Birthday » à l’attention du Cardinal Secrétaire d’Etat, Pietro Parolin, qui fête ce samedi ses 60 ans.

Et le Pape devait lui-même expliquer que malheureusement il ne pouvait tarder , qu’il lui fallait pour cause de mauvais temps, regagner l’aéroport. Son discours n’a donc pas été prononcé mais tout simplement remis. « Je vous demande pardon », a déclaré le Pape en annonçant qu'il devait partir plus tôt que prévu. « Cela me rend triste, vraiment ». C'est pour les mêmes raisons que le Pape a été contraint également d'abréger la cérémonie prévue pour la bénédiction d'un tout nouveau centre encore en construction d'aide aux orphelins et aux personnes âgées.

Dans le message qu’il devait initialement lire à la cathédrale de Palo, le Saint-Père évoquait la générosité des prêtres et des religieux après le passage du typhon Haiyan. Fustigeant les pillages et les profiteurs, il demandait que tous les pauvres du pays soient traités équitablement : leur dignité doit être respectée, les politiques économiques et sociales doivent être justes et inclusives, les possibilités d'emploi et d'éducation doivent être développés, et les obstacles aux services sociaux doivent disparaître. Si le Pape François est parvenu à conforter la foi des survivants, cette journée laissera un goût amer aux organisateurs et participants.

En raison du mauvais temps, l’avion transportant les membres du gouvernement venus assister à la messe papale est sorti de la piste détrempée finissant sa course sur le ventre. Il n’y a pas eu de blessés. En revanche une jeune volontaire de Catholic Relief Service a été tuée à l’issue de la messe par un échafaudage emporté par le vent. L'ensemble de l'étape de Tacloban, avec cette menace de tempête tropicale, aura donc perturbé résolument le déroulement de la journée, réduisant de quelques heures le programme prévu initialement. Restera cependant toute l’intensité de cette rencontre au plus près du Pape François avec la population de Tacoblan, si inquiète jusqu’à ce samedi matin, que le Pape ne puisse les rejoindre. Comme quelques heures volées au caprices du temps et des éléments.

 

Discours aux prêtres, religieux et religieuses,
séminaristes et familles

Cathédrale de Palo
17 Janvier 2015

Chers frères et sœurs,
Je vous salue tous avec grande affection dans le Seigneur. Je suis heureux que nous puissions nous rencontrer dans cette Cathédrale de la Transfiguration du Seigneur. Cette maison de prière, comme beaucoup d’autres, a été restaurée grâce à la grande générosité de nombreuses personnes. Elle se dresse comme un signe éloquent de l’immense effort de reconstruction, que vous et vos voisins avez entrepris, après la dévastation causée par le typhon Yolanda. C’est aussi un rappel concret pour nous tous que, même dans les désastres et les souffrances, notre Dieu agit continuellement, faisant toutes choses nouvelles.


Beaucoup parmi vous ont grandement souffert, non seulement de la destruction causée par l’ouragan, mais aussi de la perte de membres de vos familles et d’amis. Aujourd’hui, nous confions à la miséricorde de Dieu tous ceux qui sont morts, et nous invoquons sa consolation et sa paix sur ceux qui pleurent encore. Nous nous rappelons spécialement de tous ceux parmi nous dont la douleur rend difficile de voir le chemin pour aller de l’avant. En même temps, nous remercions le Seigneur pour tous ceux qui ont œuvré durant ces mois pour enlever les décombres, pour visiter les malades et les mourants, pour réconforter ceux qui souffrent et pour enterrer les morts. Leur bonté et l’aide généreuse parvenue de très nombreuses personnes du monde entier sont un signe réel que Dieu ne nous abandonne jamais !


Je voudrais remercier ici spécialement les nombreux prêtres et les religieux qui ont répondu avec une immense générosité aux besoins désespérés des personnes, dans les endroits les plus fortement touchés. Par votre présence et votre charité, vous avez rendu témoignage à la beauté et à la vérité de l’Évangile. Vous avez rendu l’Église présente comme une source d’espérance, de guérison, de miséricorde. Avec beaucoup de vos voisins, vous avez vraiment montré la foi profonde et la capacité de renaissance du peuple philippin. Les nombreuses histoires de bonté et de sacrifice personnel arrivées en ces jours sombres doivent être rappelées et transmises aux générations futures.


Il y a quelques instants, j’ai béni le nouveau Centre pour les Pauvres, qui se dresse, tel un autre signe du soin et de l’attention de l’Église pour nos frères et sœurs dans le besoin. Ils sont nombreux ! Et comme Dieu les aime ! Aujourd’hui, de ce lieu qui a fait l’expérience d’une si profonde souffrance et d’un besoin humain si grand, je demande que l’on fasse davantage pour les pauvres. Surtout, je demande que les pauvres du pays tout entier soient traités équitablement, que leur dignité soit respectée, que les orientations politiques et économiques soient justes et les prennent en compte, que les opportunités d’emploi et d’éducation soient développées et que soient ôtés les obstacles à la prise en charge des services sociaux. La manière dont nous traitons les pauvres est le critère sur lequel chacun de nous sera jugé (cf. Mt 25, 40.45). Je vous demande à tous et à tous ceux qui sont responsables du bien de la société, de réaffirmer l’engagement pour la justice sociale et le mieux-être des pauvres, ici et partout aux Philippines.


Enfin, je voudrais dire une parole de remerciements sincères aux jeunes présents ici, y compris les séminaristes et les jeunes religieux. Beaucoup parmi vous ont montré une générosité héroïque dans les circonstances qui ont suivi le typhon. J’espère que vous vous rendrez toujours compte que le bonheur véritable vient de l’aide aux autres, nous offrant nous-même à eux dans le sacrifice de soi, la miséricorde et la compassion. Ainsi vous serez une force puissante pour le renouveau de la société, non seulement dans l’œuvre de reconstruction des édifices mais, plus important, dans l’édification du Royaume de Dieu, royaume de sainteté, de justice et de paix dans votre terre natale.


Chers prêtres et personnes consacrées, chères familles et chers amis. En cette Cathédrale de la Transfiguration du Seigneur, demandons que nos vies continuent à être soutenues et transfigurées par la puissance de sa résurrection. Je vous confie tous à la protection pleine d’amour de Marie, Mère de l’Église. Qu’elle vous obtienne, à vous et à tous les habitants bien-aimés de ces terres, les bénédictions de la consolation, de la joie et de la paix du Seigneur. Que Dieu vous bénisse tous !

17/01/2015 07:04