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François \ Célébrations liturgiques

Le Pape François rappelle l'importance de l'Eucharistie

Le Pape François, présidant la messe sur le parvis de la basilique Saint-Jean-de-Latran - AFP

04/06/2015 19:53

(RV) Ce jeudi soir, à l’occasion de la solennité du Corps et du Sang du Christ, aussi connue sous le nom de Fête-Dieu, le Pape François s'est rendu comme chaque année à la basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome, où il a présidé la messe sur le parvis de la basilique, devant quelques milliers de fidèles, dont, au premier rang, de nombreuses personnes malades et handicapées. 

Le Pape François s'est attaché à démontrer la portée spirituelle de l'eucharistie, un instrument de la miséricorde du Seigneur. « Lors de la dernière Cène, Jésus donne son Corps et son Sang, avec le pain et le vin pour nous laisser la mémoire de son sacrifice d’amour infini. Avec ce viatique rempli de grâce, les disciples ont tout le nécessaire pour leur chemin à travers l’histoire, pour étendre le royaume de Dieu. Lumière et force seront pour eux le don que Jésus a fait de lui-même en s’immolant volontairement sur la croix. Et ce Pain de vie est parvenu jusqu’à nous », a rappelé le Pape François.

« Mais il y a un danger, une menace, de se désagréger, de s’avilir, a-t-il averti. Nous nous désagrégeons quand nous ne sommes pas dociles à la Parole du Seigneur, quand nous ne vivons pas la fraternité entre nous, quand nous nous mettons en compétition pour occuper les premières places, quand nous ne trouvons pas le courage de témoigner la charité, quand nous ne sommes pas capables d’offrir l’espérance. »

Le Pape François a donc voulu rappeler au catholiques quelle est leur meilleure antidote : «  L’Eucharistie nous permet de ne pas nous désagréger, parce qu’elle est lien de communion, l’accomplissement de l’Alliance, le signe vivant de l’amour du Christ qui s’est humilié et anéanti pour que nous restions unis. En prenant part à l’Eucharistie et en nous nourrissant d’elle, nous sommes engagés sur un chemin qui n’admet pas les divisions. »

« Et maintenant que signifie aujourd’hui pour nous "s’avilir" ?, a poursuivi le Pape. Cela signifie se laisser contaminer par les idolâtries de notre temps : paraître, consommer, se mettre soi-même au centre de tout, mais également être compétitif, faire de l’arrogance un comportement gagnant, ne pas reconnaître ses torts ou d’avoir besoin. Tout cela nous avilit, fait de nous des chrétiens médiocres, tièdes et insipides, païens. »

Face à toutes ses dérives et à ces tentations contemporaines, le Pape François a donc voulu rappeler ce qui est à la racine de la foi chrétienne : « Jésus a versé son Sang comme prix pour que nous soyons purifiés de tous les péchés : pour ne pas nous avilir, regardons-Le, abreuvons nous à Sa source, pour être préservés du risque de la corruption. Et alors nous expérimenterons la grâce d’une transformation : nous resterons de pauvres pécheurs, mais le sang du Christ nous délivrera de nous péchés et nous restituera notre dignité. Sans notre mérite, avec une sincère humilité, nous pourrons porter aux frères l’amour de notre Seigneur et Sauveur. Nous serons ses yeux qui partent à la recherche de Zachée et Madeleine, nous serons sa main qui secourt les malades dans le corps et dans l’esprit ; nous serons son cœur qui aime ceux qui ont besoin de réconciliation, de miséricorde et de compréhension. »

« Ainsi l’Eucharistie actualise l’Alliance qui nous sanctifie, nous purifie et nous unis en communion admirable avec Dieu. Ainsi nous verrons que l’eucharistie n’est pas une récompense pour les bons, mais est la force pour les faibles, pour les pécheurs, a-t-il tenu à préciser, sortant de son texte. C'est le pardon, c’est le viatique qui nous aide à avancer, à cheminer. »

« Aujourd’hui, fête du Corpus Domini, nous avons la joie non seulement de célébrer ce mystère, mais aussi de le louer et le chanter dans les rues de notre ville, a rappelé le Saint-Père. Que la procession que nous ferons à l’issue de la messe, puisse exprimer notre reconnaissance pour tout le chemin que Dieu nous a fait parcourir à travers le désert de nos pauvretés, pour nous faire sortir de la condition d’esclave, en nous nourrissant de son Amour à travers le Sacrement de son Corps et de son Sang. »

Le Pape François a aussi voulu rappeler la condition tragique des chrétiens persécutés et martyrisés. « D’ici peu, alors que nous marcherons tout au long de la rue, sentons-nous en communion avec  nos frères et sœurs, nombreux, qui n’ont pas la liberté d’exprimer leur foi en le Seigneur Jésus. Sentons-nous unis à eux : chantons avec eux, louons avec eux, adorons avec eux. Et vénérons dans notre cœur ces frères et sœur auxquels a été demandé le sacrifice de la vie en raison de leur fidélité au Christ : leur sang, uni à celui du Seigneur soit un gage de paix et de réconciliation pour le monde entier. »

« Et n’oublions pas : pour ne pas vous désagréger, mangez ce lien de communion. Pour ne pas vous avilir, buvez le prix de votre rachat », a conclu le Saint-Père, en improvisant. Ensuite s'est tenue la procession traditionnelle le long de la longue avenue Merulana jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure où le Pape devait donner sa bénédiction eucharistique.

Une fête relancée par Jean-Paul II

Connue également sous le nom de Fête-Dieu, cette solennité fut célébrée pour la première fois à Liège en 1247 pour honorer le Saint-Sacrement. Elle fut imposée à toute l’Église d’Occident quelques années plus tard par le pape Urbain IV.

La procession de la Fête-Dieu est une institution à Rome, depuis que Jean-Paul II l’a relancée en 1979. Très populaire, elle attire chaque année des foules impressionnantes de fidèles, de touristes et de curieux. L’ostensoir contenant le Saint-Sacrement est placé sur un véhicule pourvu d’un dais : le cortège précédé des membres des confréries et du clergé romain se dirige vers la basilique Sainte Marie Majeure. Sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, les Papes accompagnaient le cortège à genoux sur un prie-Dieu derrière le Saint-Sacrement.

Le Pape François a, lui, renoncé à suivre ce long trajet qui dure plus d’une heure et se rend en voiture jusqu'à la basilique Sainte-Marie-Majeure, où il donne sa bénédiction.

04/06/2015 19:53