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Signature de l'Accord entre le Saint-Siège et l'Etat palestinien

Poignée de main entre Mgr Gallagher (à droite) et Riad Al-Malki (à gauche) - OSS_ROM

26/06/2015 12:21

(RV) C’est ce vendredi qu’a été signé au Vatican un accord global entre le Saint-Siège et l’Etat palestinien qui repose sur l’accord de base signé le 15 février 2000. Présents lors de la cérémonie officielle, Mgr Gallagher, secrétaire pour les Rapports avec les Etats et Riad Al-Malki, ministre palestinien des Affaires étrangères. Présents également, notamment Sa Béatitude Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, Mgr Antonio Franco, le nonce apostolique, Mgr Giuseppe Lazzarotto, le délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine. Pour la Palestine, son représentant près le Saint-Siège assistait à la signature ainsi que, entre autres, les maires de Bethléem et de Ramallah.

L’Accord est constitué par un préambule et par 32 articles divisés en huit chapitres. Il entrera en vigueur dès que les deux parties auront notifié par écrit que leurs dispositions constitutionnelles respectives ont été respectées. Dans une note du 13 mai 2015, la Salle de Presse du Saint-Siège avaient annoncé que la Commission bilatérale entre le Saint-Siège et l’Etat palestinien avaient conclu leur travail commun après des années de négociation.

Le texte, selon la note, « s’occupe des aspects essentiels de la vie et de l’activité de l’Eglise catholique en Palestine ». Il s’agit de la liberté d’action de l’Eglise, de sa juridiction, du statut personnel, des lieux de culte, des activités sociales et caritatives de l’Eglise, de ses moyens de communication sociale, des questions fiscales et de propriété. Selon Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les rapports avec les Etats du Saint-Siège, présent à la signature ce vendredi, l’Accord exprime en particulier « le souhait de l’Eglise pour une solution à la question palestinienne et au conflit israélo-palestinien dans le contexte d’une solution à deux Etats et des résolutions de la communauté internationale, renvoyant à une entente entre les parties »

Une stimulation pour la paix

Dans son discours, Mgr Gallagher a exprimé le souhait que « l’Accord puisse d’une certaine manière être une stimulation pour mettre fin définitivement au conflit israélo-palestinien qui dure depuis des années et qui continue à causer des souffrances aux deux parties. J’espère, a-t-il continué, que la solution souhaitable de des deux Etats devienne une réalité le plus tôt possible. Le processus de paix ne peut progresser que seulement à travers la négociation entre les parties en présence et avec le soutien de la communauté internationale. Cela demande certainement des décisions courageuses » a-t-il reconnu.

Le chef de la diplomatie vaticane a précisé que « les catholiques ne veulent aucun privilège sinon celui de continuer à collaborer avec leurs concitoyens au bien de la société ». Il a signalé aussi que « l’Eglise locale, qui a été impliqué dans les négociations, est satisfaite du résultat obtenu et qu’elle est heureuse de voir consolidés ses bons rapports avec les autorités civiles. »

Cet accord représente également « un bon exemple de dialogue et de collaboration » entre chrétiens et musulmans dans « le contexte complexe du Proche-Orient où, dans certains pays, les chrétiens ont souffert de persécutions » a ajouté Mgr Gallagher, saluant en particulier le chapitre consacré à la liberté religieuse et de conscience.

Fruit d'un long processus

Le parcours qui a mené à cet Accord global a été jalonné d’étapes importantes, comme le rappelle le père David Neuhaus, vicaire patriarcal pour la communauté catholique d’expression hébraïque d’Israël, dans les colonnes de la Civiltà cattolica, la revue des jésuites italiens. Paul VI a été le premier pape à affirmer en 1975 que les Palestiniens n’étaient pas un simple groupe de réfugiés mais un peuple. En 1987, pour la première fois, Jean-Paul II a nommé un arabe palestinien à la tête du patriarcat latin de Jérusalem. Mgr Michel Sabbah n’a cessé de dénoncer, sans détours, les souffrances endurées par son peuple à cause de l’occupation. Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, a été reçu à plusieurs reprises au Vatican à partir de 1987.

Le Saint-Siège a ensuite établi des relations avec l’Etat d’Israël en 1993 et avec l’OLP en 1994. Dans l’Accord fondamental avec Israël, l’Eglise indique clairement qu’elle rejette toute interprétation religieuse pour justifier des ambitions territoriales. Puis il y a eu la visite de Jean-Paul II à Yad Vashem et au camps de réfugiés palestiniens d’Aida. A son tour, Benoît XVI a demandé que la solution de deux Etats devienne réalité et ne demeure pas un rêve. Enfin comment oublier la rencontre historique et inédite des présidents israélien et palestinien dans les jardins du Vatican à l’invitation du Pape François le 8 juin 2014, en la solennité de la Pentecôte.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a regretté la signature de cet accord et averti que cette mesure nuirait aux efforts de paix. Israël déplore en particulier la décision du Saint-Siège de reconnaître officiellement l'Autorité palestinienne comme un Etat, une mesure qualifiée de précipitée, et accuse les signataires de ne pas prendre en considération les intérêts essentiels israéliens et le statut historique spécial du peuple juif à Jérusalem.

26/06/2015 12:21