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Monde \ Science et Ethique

Au Sierra Leone, Ebola est une "tragédie"

Point de contrôle sanitaire à la frontière entre le Liberia et la Sierra Leone. - AFP

04/07/2015 16:38

(RV) Au Libéria, les autorités n’ont toujours pas identifié la cause de la réapparition du virus Ebola. Après la mort mardi d'un adolescent victime de la fièvre hémorragique, le premier cas signalé depuis plus de trois mois dans le pays, et de deux nouveaux malades, la présidente Ellen Johnson Sirleaf s'est dit convaincue que le pays réussirait à contenir le virus. « Notre système de gestion des incidents est capable de contenir (le virus), de l'isoler (...) afin qu'il ne puisse pas progresser » a assuré la présidente lors d’une adresse télévisée à la Nation jeudi.

Pays le plus touché par le virus avec 4.800 victimes sur les 11.200 morts, le Liberia fut aussi le premier à s’en être débarrassé jusqu’à cette réapparition. Cependant malgré ces nouveaux cas, la situation est nettement meilleure au Liberia qu’en Guinée ou au Sierra Leone. Après une nette décrue depuis le début de l'année, l'épidémie est repartie à la hausse en mai dans ces deux pays.

Au Sierra Leone, 2/3 contaminations par jour
De retour du Sierra Leone, le frère italien Lucas Perletti a déploré ce samedi 4 juillet une véritable « tragédie ». Selon ce missionnaire camillien, après plusieurs mois sans nouvelle contamination, il y en aurait aujourd’hui entre deux et trois par jours dans trois zones du pays, à Freetown, Kambia et Port Loko. Les raisons de cette recrudescence sont multiples, affirme-t-il. D’abord, la population a tendance à fuir la quarantaine, ne respectant pas, inconsciente, les consignes sanitaires. « Les gens ne semblent pas comprendre et accepter les conséquences que cette « légèreté » a sur la santé publique ». Le missionnaire explique qu’il faut prendre en compte l’aspect culturel : « il y a encore beaucoup de mythe à déconstruire, les personnes ont du mal à assimiler les messages scientifiques, ils souffrent d’une sorte de manque d’estime et de confiance vis-à-vis de leur système sanitaire, dont ils pensent qu’il est même la cause de de cette situation ».  « Malheureusement, conclue-t-il, il semble qu’il n’y a pas de point final à cette tragédie ».

« Les structures sanitaires doivent être au plus vite remises sur pied pour reconstruire la confiance avec la population. » Le 26 juin dernier, la Caritas du Sierra Leone a lancé un appel afin quel les 16 000 orphelins d’Ebola ne soient pas oubliés. Un appel à la vigilance pour qu’ils ne tombent pas dans les mains de personnes qui les exploiteraient ou abuseraient d’eux.

16 000 orphelins dont il faut prendre soin

Lors d’une rencontre organisée, en marge de la 29ème session du Conseil des droits de l’homme à Genève, par la Caritas Internationalis et la mission de l’Onu au Sierra Leone, Liberia et Guinée, le directeur exécutif de la Caritas Freetown a souligné le fait qu’avant même l’apparition du virus, la mortalité et la malnutrition infantile étaient déjà considérable dans les trois principaux pays à avoir été contaminés. Or, avec Ebola, les écoles ont été fermées, perturbant les programmes de vaccination des enfants. Sans compter le fait que les structures de santé se sont effondrés, insiste le père Peter Konteh. « Tant de personnes ne peuvent même pas se permettre de biens et des services de premières nécessité » et cela rend encore plus difficile l’accès aux soins.

Enfin le père Konteh rappelle « fortes rechutes psychologiques » des enfants qui ont vu leurs parents décéder, et avant cela être tenu au ban de la société parce qu’ils avaient contracté la maladie. « Une réponse rapide est nécessaire » pour réinsérer ces enfants dans les communautés par le biais d’adoption, de structures d’assistance où les gens pourraient trouver leur place. « Il est urgent d’améliorer la vie des orphelins ».

04/07/2015 16:38