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François \ Activités

A Palmasola, le Pape invite les détenus à retrouver l'espérance

Le Pape serre sur son coeur un fils de détenus. Quelque 120 enfants vivent dans cette prison géante, la plus surpeuplée et violente de Bolivie. - AP

10/07/2015 18:06

(RV) « Benvenido Papa Francisco! » C’est avec des cris de joie, des chants et des acclamations que le Pape a été accueilli par les détenus de Palmasola, cette prison géante, la plus violente et surpeuplée de Bolivie. 4 800 détenus, hommes et femmes, 120 enfants de détenus qui y cohabitent avec leurs parents. Un univers carcéral fait de violences, de corruption, d’injustices, et de déshumanisation.C’est cette réalité que le Pape a tenu à voir, à toucher.

Le compte-rendu de Manuella Affejee

Palmasola, c’est un complexe pénitentiaire, une ville, hébergeant quelque 4 800 détenus, soit huit fois plus que sa capacité d’accueil. Un univers, un microcosme, qui a son organisation propre, ses règles, ses lois ; lois dictées par les plus forts, lois de la corruption et de la violence. En 2013, une rixe entre prisonniers, suivie d’un incendie, avait causé la mort de 35 personnes.

Dans cette prison, se trouvent également des enfants, 120, qui y habitent avec leurs parents. La loi interdit pourtant leur présence derrière les barreaux, mais l’Etat n’a encore trouvé aucune solution à ce problème, qui est double, puisque ces enfants sont soumis à des risques d’abus de toutes sortes, en plus de vivre dans des conditions exécrables.

 « Même si nous sommes coupables, nous avons une dignité ! »

Ces conditions de vie difficiles ont été racontées au Pape par deux hommes et une femme. Ces trois détenus se sont surtout faits les porte-paroles de leurs camarades, dénonçant des incarcérations sans jugement, des châtiments trop durs, une prison qui repose sur l’abus de pouvoir, des institutions corrompues qui font prévaloir leurs intérêts économiques. Ils ont demandé au Pape d’intercéder en leur faveur auprès de la justice bolivienne. « Même si nous sommes coupables, même si nous avons commis des erreurs, nous avons une dignité ! », a lancé un détenu au Pape.

« Celui qui est devant vous est un homme pardonné »

François s'est ensuite adressé aux détenus, avec beaucoup d’affection, et de douceur : « Je ne pouvais pas quitter la Bolivie sans venir vous rencontrer », a-t-il confessé, avant de se présenter de façon particulière : « Celui qui est devant vous est un homme pardonné, un homme qui a été, et qui est sauvé de ses péchés ». « Je n’ai pas grand-chose de plus à vous offrir, mais ce que j’ai, et ce que j’aime, oui, je veux vous le donner : Jésus-Christ et la miséricorde du Père ». Le Saint-Père a invité les détenus à prier, et à demander la prière de leurs proches, car c’est ce réseau qui soutient dans le désespoir et stimule à aller de l’avant. Il les a invités aussi à parler aux prêtres, à s’entraider, à dépasser l’égoïsme, à aller de l’avant, à regarder le visage de Jésus crucifié, LA source de leur espérance.

Le personnel pénitentiaire doit donner la dignité, non humilier

Le Pape a également eu quelques mots pour le personnel pénitentiaire, qu'il a encouragé, et dont il a rappelé la mission fondamentale : celle de relever, non d’abaisser, de donner la dignité, non d’humilier, d’encourager et non de causer de la peine. « Ce processus demande l’abandon d’une logique de bons et de mauvais pour une logique centrée sur l’aide à la personne ». Le Pape, longuement applaudi, a enfin invité à prier en silence, avant de conclure : « Priez pour moi, parce que moi aussi j’ai mes erreurs, et je dois faire pénitence ».

 A l’issue de cette rencontre émouvante, le Pape s’est vu offrir plusieurs cadeaux, faits par les détenus : un hamac et un bas-relief, représentant la Sainte Cène.

10/07/2015 18:06