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François \ Activités

Le Pape encourage le Paraguay sur la voie de la justice sociale

Le Pape François, s'adressant aux autorités politiques du Paraguay, au palais présidentiel de Lopez, à Asuncion. - AP

11/07/2015 07:56

(RV) Le Pape François est depuis vendredi après-midi au Paraguay, troisième étape de son voyage apostolique en Amérique Latine. Après une cérémonie d’accueil haute en couleurs sur le tarmac de l’aéroport d’Asunción, le Pape s’est rendu à la nonciature apostolique, où il réside pour toute la durée de son séjour paraguayen, avant de partir pour le palais présidentiel de Lopez, pour la première rencontre de cette étape, celle avec le président Horacio Cartes et les autorités politiques du pays.

Hommage au peuple paraguayen

Devant eux, le Pape a évoqué l’histoire douloureuse du Paraguay marquée par « la terrible souffrance de la guerre, l’affrontement fratricide, le manque de libertés, et les violations des droits de l’homme » ; allusions aux guerres meurtrières qui ravagèrent le pays, - notamment celle de la Triple Alliance contre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay (1865-1870), la Guerre du Chaco, contre la Bolivie (1932-1935) -, et à la dictature du général Alfredo Stroessner (1954-1989). Et François de rendre hommage à ces « milliers de paysans paraguayens simples » qu’il considère comme les « véritables protagonistes » de l’histoire de ce peuple ; et de saluer « avec émotion et admiration », le rôle des femmes paraguayennes en ces moments tragiques de l’histoire du pays. « Sur leurs épaules de mères, épouses, et veuves, elles ont porté la plus grande charge, et ont su faire avancer leurs familles et leur pays, en insufflant aux nouvelles générations l’espérance d’un lendemain meilleur » a-t-il dit.

La mémoire aide à construire la paix

Le Pape est ensuite revenu sur un thème qui lui est cher, et qu’il avait également évoqué devant les Boliviens, lors de la messe à Santa Cruz, jeudi, celui de la mémoire : « un peuple qui oublie son passé, son histoire n’a pas de racines, pas d’avenir. La mémoire (…) transforme le passé en source d’inspiration pour construire un avenir de convivialité et d’harmonie, en nous rendant conscients de la tragédie et de l'absurdité de la guerre », a-t-il soutenu, avant de lancer un appel à la paix : « plus jamais de guerres entre frères ! Construisons toujours la paix ! ». La paix entre nations et peuples, mais également une « paix de tous les jours », par des gestes concrets, au quotidien.

Un développement économique qui exclut les faibles n'est pas un développement

Après l’évocation du passé, le Pape s’est attardé sur le présent du Paraguay, le « cœur de l'Amérique », l’un des pays les plus pauvres du continent, l’encourageant dans « la construction d’un projet démocratique stable », processus initié depuis quelques années ; saluant également les efforts déployés en vue d’une meilleure croissance économique, d’un meilleur accès à l’éducation et aux soins. Ces efforts, a plaidé François, doivent continuer « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’enfants sans accès à l’éducation, de familles sans foyers, d’ouvriers sans travail digne, de paysans sans terre à cultiver, et tant de personnes obligées à émigrer vers un avenir incertain ; qu'il n'y ait plus de victimes de la violence, de la corruption et du trafic de stupéfiants ». Et le Souverain Pontife de rappeler qu’un « développement économique qui ne tient pas compte des plus faibles et les plus défavorisés n’est pas un vrai développement ».

A noter que la visite de courtoisie du Pape François au président Cartes a précédé cette rencontre avec les autorités. Avant la présentation des délégations respectives, les deux chefs d'État ont procédé au traditionnel échange de cadeaux. Le Pape argentin a offert un cadre en mosaïque représentant Marie, Mère de l'Eglise, une copie de l'image que le Saint Pape Jean-Paul II avait fait installer sur un des murs extérieurs du Palais apostolique, au-dessus de la Place Saint-Pierre. Le président Cartes a pour sa part offert au Pape un poncho blanc ainsi qu'un maillot de football portant l'inscription « Papa Francisco ».

Sur le chemin de la nonciature au palais présidentiel, le Pape a fait une halte qui n'était pas prévue au programme. La voiture du Pape s'est en effet arrêtée devant une prison pour femmes ; de l'intérieur de l'établissement pénitentiaire, une cinquantaine de détenues a alors entonné un chant préparé tout spécialement à l'intention du Saint-Père.

11/07/2015 07:56