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François \ Activités

Le Pape visite un bidonville d'Asunción, au Paraguay

Les habitants du Bañado Norte à Asunción (Paraguay) attendent la visite du Pape François - AFP

12/07/2015 16:15

(RV) Pour la dernière journée de son voyage apostolique en Amérique Latine, consacré en grande partie aux déshérités, le Pape François a voulu commencer par une périphérie : le Bañado Norte d’Asunción, la capitale du Paraguay ; un bidonville très pauvre et marécageux, situé près de la grande décharge d’Asunción, régulièrement sinistré par les crues du fleuve Paraguay tout proche.

Plus de 20 000 familles, pour un total de quelque 100 000 personnes, y vivent dans des conditions épouvantables. La plupart sont des paysans ou des Indiens, chassés des terres qu’ils cultivaient. Ils sont venus grossir les rangs des laissés-pour-compte de l’urbanisation. La majorité de ces pauvres sont là depuis au moins 30 ans. Ils ont construit leur logement avec leurs façades de planches ou de briques nues. Leurs enfants courent au milieu des chiens errants sur les chemins de terre battue. Les habitants vivent principalement de la fouille dans les ordures et du recyclage. Certains se nourrissent des déchets de l’industrie de la viande. Les femmes sont victimes de violence, les jeunes n’ont aucun avenir, les malades n’ont pas les moyens de se soigner.

Le curé de la paroisse est un jésuite, le père Ireneo Valdez. La Compagnie de Jésus mise notamment sur l’éducation et l’animation des enfants pour qu’ils ne soient pas livrés à eux-mêmes dans la rue.

Le Pape est surtout venu écouter 

Le Saint-Père, qui se dépense sans compter, a été accueilli par des scènes de liesse, à son arrivée ; comme il avait l’habitude de le faire à Buenos Aires, il s’est mêlé à la foule, il est entré dans une maison, il a serré des mains, s’arrêtant pour échanger quelques mots avec une personne âgée, ou pour caresser les enfants

Le Pape François était venu rencontrer la population mais surtout l’écouter. Et sa présence a offert une tribune à l’indignation, aux frustrations, et aux exigences des habitants. Ceux qui ont pris la parole, représentants d’organisations sociales ou ecclésiales, ont réclamé avec passion plus de justice, le respect de leur dignité, la recherche d'une solution inclusive. Sous les ovations, une femme a dénoncé ouvertement les autorités politiques : « l’État ne fait rien pour nous, il ne nous voit pas d’un bon œil, il met au point des projets sans nous consulter. Ils veulent nous déplacer car ce lieu commence à susciter des convoitises ». La population du Bañado Norte en a assez d’être manipulée par des politiques menteurs et sans scrupules. Une intervenante s’est également adressée à l’Église, souhaitant que les pasteurs s’engagent aux côtés de leur peuple.

Dans son discours, le Pape François a lancé un appel à la solidarité, « un devoir pour les chrétiens car une foi sans solidarité est une foi faible, malade ou morte » ; elle n’est pas la foi de Jésus-Christ. « Je ne pouvais pas, a-t-il dit, ne pas venir écouter vos histoires et tout ce que vous avez réalisé pour être ici, toutes les luttes que vous avez menées pour avoir une vie digne, un toit ». Le Souverain Pontife a évoqué Joseph et Marie à Bethléem. Ils avaient dû quitter leur terre, leurs proches, leurs amis. Ils étaient seuls, dans une terre étrangère. À l’improviste, après la naissance de Jésus, commencèrent à apparaître des bergers. Des personnes, comme eux, qui avaient dû abandonner leur propre réalité pour trouver de meilleures opportunités familiales. C’est ce qui arrive quand Jésus apparaît dans notre vie.

La foi nous rend proches, nous fait proches de la vie des autres. La foi suscite notre engagement, notre solidarité. « C’est une vertu humaine et chrétienne que vous possédez, a relevé le Pape François, mais que beaucoup doivent apprendre. Une foi qui ne devient pas solidarité est une foi morte ou mensongère. C’est une foi sans le Christ, une foi sans Dieu, une foi sans frères. La foi que Jésus suscite est une foi qui a la capacité de rêver l’avenir, de lutter pour lui dans le présent ». Et le pontife argentin a exhorté la population du Bañado Norte à ne pas se diviser car elle serait vaincue. Enfin, il a prié pour qu’il y ait des bergers, prêtres et évêques, capables d’accompagner, de soutenir et de stimuler la vie de ces familles.

12/07/2015 16:15