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Eglise \ Vie de l'Eglise

L'Église d'Allemagne se mobilise face à la crise migratoire

Le cardinal Woelki recevant une offrande de réfugiés irakiens lors de sa messe d'installation à la cathédrale de Cologne, le 20 septembre 2014. - EPA

27/08/2015 11:38

(RV) En Allemagne, l’Église est montée au créneau après les violentes manifestations xénophobes organisées ces jours derniers par des militants d’extrême-droite et qui ont choqué l’opinion. Engagée depuis longtemps dans l’assistance et l’intégration de ceux qui arrivent en Allemagne avec l’espoir de construire un avenir meilleur pour leurs familles, l’Église compte renforcer sa mobilisation face à l’ampleur de la crise migratoire. Alors que la question des demandeurs d’asile enflamme le débat politique dans le pays, le mot d’ordre des évêques est bien simple : il y a toujours de la place.

De retour d’un voyage au Kosovo et en Albanie, le président de Caritas Allemagne, le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne, a réaffirmé que le droit d’asile était un droit fondamental. D’où le devoir de prêter assistance aux personnes qui sont en fuite ou dans le besoin. Il regrette aussi qu’on veuille faire le tri entre migrants économiques et réfugiés. « Les hommes, souligne-t-il, ont le droit d’émigrer non seulement pour fuir les dangers mais aussi pour sortir de la pauvreté. »

Les guerres en Syrie, Somalie, Afghanistan et Irak, les violations massives des droits de l’homme en Erythrée et au Soudan, les discriminations contre les minorités ethniques dans les Balkans ont jeté des milliers de personnes sur les routes du monde. En bus, à pied, passant sous les barbelés ou prenant d'assaut les trains, des milliers de migrants avancent à travers le continent donnant lieu à des scènes de chaos tandis que des milliers d'autres continuent de tenter la traversée périlleuse de la Méditerranée. 

L’Allemagne est confrontée à une vague de réfugiés sans précédent. 800 000 sont attendus cette année, soit quatre fois plus que l’année dernière. L’archevêque de Bamberg a cependant tenu, quant à lui, à mettre en garde contre les déclarations alarmistes qui engendrent des craintes injustifiées. « Il y a actuellement dans le monde quelque 60 millions de personnes en fuite, a-t-il relevé. Le pourcentage de ceux qui frappent aux portes de l’Union européenne est d’à peine 4%. L’Europe a les moyens de les prendre en charge. »

Sur le même ton, le responsable des politiques européennes du JRS, Service des jésuites pour les réfugiés, dénonce le recours à des formules catastrophistes pour décrire la crise migratoire telles que « tsunami humain » qui ne correspondent pas à la réalité et qui peuvent provoquer des réactions de peur et des agressions racistes. La chancelière Angela Merkel a pris elle aussi le parti des réfugiés et demandeurs d’asile en déclarant qu’il n’y aurait aucune tolérance envers ceux qui ne respectent pas la dignité d’autrui, tandis que le président fédéral, l'ancien pasteur Joachim Gauck, a mis en garde contre la résurgence d’une face sombre de l’Allemagne. Les 28 pays membres de l'Union européenne n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une répartition équitable des demandeurs d'asile et peinent à mettre en place les centres censés soulager les pays de première entrée.

(avec L'Osservatore Romano)

27/08/2015 11:38