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Monde \ Politique

Le prêtre rwandais Munyeshyaka acquitté par la justice française

Le père Wenceslas Munyeshyaka - AFP

07/10/2015 13:14

(RV) Le génocide de 1994 au Rwanda est revenu cette semaine au cœur de l’actualité judiciaire en France. Vingt ans après le début de l’enquête, les juges d’instruction ont prononcé un non-lieu au bénéfice du prêtre Wenceslas Munyeshyaka, premier Rwandais visé par une plainte en France pour le génocide de 1994. Ce non-lieu, daté de vendredi 2 octobre et conforme aux réquisitions du parquet de Paris, peut encore être contesté par les parties civiles devant la cour d’appel.

Installé en France après le génocide et officiant désormais à Gisors (Eure), dans le diocèse d’Evreux, ce prêtre, qui en 1994 était vicaire d’une paroisse à Kigali, était notamment soupçonné d’avoir livré des civils tutsis aux milices hutues et accusé d’avoir encouragé ou commis des viols.

Plusieurs prêtres et religieuses rwandais ont été condamnés pour avoir participé au génocide : deux sœurs réfugiées en Belgique ont été condamnées par un tribunal de Bruxelles en 2001, et trois prêtres ont été jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui a prononcé un acquittement et deux condamnations à des peines d’emprisonnement.

Souvent critiquée pour n’avoir pas pu empêcher le génocide, l’Eglise catholique qui mêlait en son sein bourreaux et victimes, parfois au cœur même des paroisses, a payé un lourd tribut dans la tragédie de 1994. 130 prêtres, trois évêques, 65 religieuses et 47 religieux auraient perdu la vie au cours du génocide, victimes de l’un ou l’autre camp.

Selon le journal La Croix, il n’existe pas de statistiques sur la composition ethnique du clergé catholique rwandais en 1994, mais certaines estimations montrent un décalage entre la hiérarchie épiscopale et le clergé : 70 % des 400 prêtres recensés étaient tutsis alors que sept évêques sur neuf étaient hutus.

Par ailleurs, Cyprien et Daphrose Rugamba, fondateurs en 1990 de la Communauté de l’Emmanuel au Rwanda, ont vu leur cause de canonisation ouverte le 17 septembre dernier lors d’une messe célébrée à la cathédrale de Kigali. Ils avaient été assassinés dans les premières heures du génocide, le 7 avril 1994. Aujourd’hui la communauté de l’Emmanuel au Rwanda compte plus de mille membres, ce qui en fait son deuxième pays d’implantation derrière la France. (Avec La Croix)

07/10/2015 13:14