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Canonisations : comme les nouveaux saints, se faire serviteur des autres

Les saints époux Louis et Zélie Martin sont un « témoignage lumineux qui nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères. » a dit le Pape François. - AFP

18/10/2015 10:40

(RV) Avoir le pouvoir en tant que serviteur et suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix, comme ceux qui ont été faits saints ce dimanche, voici le sens de l'homélie du Pape François lors de la messe de canonisations place Saint-Pierre au Vatican devant 80 000 fidèles environ.

Dès le début de la célébration, quatre bienheureux ont été canonisés par le Saint-Père, dont le premier couple de l’histoire de l’Église catholique à être canonisé : Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. La date de cette canonisation ce dimanche est symbolique, non seulement parce qu’elle intervient au cœur du synode sur la Famille, mais aussi car ce 18 octobre l’Église fête la Journée missionnaire mondiale, placée sous le patronage de sainte Thérèse, elle-même canonisée il y a 90 ans, en 1925.

Les époux Martin « ont honoré le mariage et la famille chrétienne »

Lors du rite de canonisation au début de la messe, le Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a évoqué la vie des quatre bienheureux, dont celle des époux Martin : « Le Bienheureux Louis Martin et la Bienheureuse Marie Zélie Guérin, avec leur vie, ont honoré le mariage et la famille chrétienne, comme époux et parents exemplaires. Louis est né à Bordeaux en 1823 et s’est dédié au commerce, comme propriétaire d’un négoce de bijouterie et d’horlogerie. En 1858, il a épousé Marie Zélie Guérin, née à Alençon en 1831, où elle dirigeait une petite usine de dentelles.»

Le Cardinal Angelo Amato a poursuivi : « Leur famille fut vraiment une petite Église dans laquelle régnait une foi joyeuse et profonde, et une charité délicate et attentionnée. Ensemble, les deux bienheureux ont parcouru les voies de la sainteté conjugale. De leur union sont nés neuf enfants, mais seules cinq filles ont survécu : quatre, parmi lesquelles Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sont entrées au Carmel de Lisieux, et la cinquième est devenue sœur visitandine à Caen. L’exemple quotidien des parents fut décisif dans leur vocation religieuse. Marie Zélie, malade du cancer, est décédée en 1877 à l’âge de 45 ans. Son mari a traversé l’ultime période de sa vie dans la prière et entre de nombreuses infirmités. Il s’est endormi dans le Seigneur en 1894, à l’âge de 71 ans. Louis et Marie Zélie furent béatifiés ensemble le 19 octobre 2008. »

Les nouveaux saints, un témoignage du service joyeux pour les autres

Évoquant à son tour les bienheureux canonisés ce dimanche, le Saint-Père est revenu lors de son homélie sur leur humilité et leur charité : « Ils ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires ». Le Pape a ensuite dit un mot de chacun de ceux qui ont été faits saints: « Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux. »

Parlant de Sainte Marie de l’Immaculée Conception, François a rappelé qu’« elle a vécu elle-même dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades. »

Quant aux saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin, « ils ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. » Lors de la prière de l'angélus, le Pape salué les pèlerins « provenant de France, spécialement de Bayeux, Lisieux et Sées : nous confions à l'intercession des saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin les joies, les attentes et les difficultés des familles françaises et du monde entier. » Ces nouveaux Saints sont un «témoignage lumineux qui nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères » avait insisté le Pape François dans son homélie.

L'Évangile de saint Marc de ce dimanche revient en effet sur le sens du service. Le texte raconte les désirs de Jacques et Jean, qui veulent à tout prix être assis à la droite et à la gauche de Jésus, « revendiquant des places d’honneur ». Première secousse de Jésus aux convictions de ses disciples explique le Pape citant les textes : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé ». Pour le Saint-Père, cette réponse est une invitation à suivre le Christ « sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres. »

Changer de mentalité, passer de la convoitise du pouvoir à la joie de servir

François a ensuite insisté sur le thème du service. Comme Jésus appelle ses disciples à être serviteur plutôt qu’à chercher le pouvoir et le succès, le Pape nous appelle à changer de mentalité. « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur », a martelé François. « Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne » dit le Pape. « Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. » Nous sommes invités à « changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir » a ajouté le Pape, « à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité ».

Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu «domination, gloire et royauté ». Le Christ donne un nouveau sens à cette image, a précisé le Saint-Père : « Jésus a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église. »

C’est une question d’incompatibilité, a précisé le Pape. « Incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance » a expliqué François.
 

 

18/10/2015 10:40