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Eglise \ Vie de l'Eglise

Terre Sainte : un prêtre de Cisjordanie appelle à des « gestes de paix »

Un palestinien devant les bases du nouveau mur érigé par le gouvernement israélien à Jerusalem-est, le 18 octobre 2015 - EPA

19/10/2015 18:00

(RV) Entretien - En Terre Sainte, « tous les peuples ont droit à la dignité et à la sécurité ». Johnny Abu Khalil est le curé de Taybeh, une petite ville chrétienne en Cisjordanie : il réagit à l’appel à la paix lancé par le Pape François ce dimanche lors de la prière de l'Angélus. Le Patriarche latin de Jérusalem réagit de son côté à la construction d’un mur à Jérusalem-Est.

Depuis le 1er octobre, les violences entre Israéliens et Palestiniens sont quotidiennes et font de nombreuses victimes, notamment dans la vieille ville de Jérusalem. Le Saint-Père s’est dit très préoccupé par « la situation de forte tension et de violence qui afflige la Terre Sainte. En ce moment, il faut beaucoup de courage et beaucoup de force d'âme pour dire non à la haine et à la vengeance, et accomplir des gestes de paix. »

François a aussi appelé à prier « pour que Dieu renforce en tous, gouvernants et citoyens, le courage de s'opposer à la violence et de faire des pas concrets de détente. Dans l'actuel contexte moyen-oriental, il est plus que jamais décisif que se fasse la paix en Terre Sainte : c'est ce que nous demandent Dieu et le bien de l'humanité. »

Le Père Johnny Abu Khalil de Taybeh revient sur l’attaque du tombeau de Joseph à Naplouse, incendié par des Palestiniens, mais aussi sur le climat qui règne dans la région. Qualifiant la situation de « très grave », il fait part de son inquiétude pour tous les peuples qui vivent en Terre sainte. Selon lui, par peur de ces violences, les Chrétiens sont de plus en plus enclins à quitter la région. Il répond à Blandine Hugonnet.

Les autorités israéliennes ont ordonné la construction d’un mur de division entre quartiers arabes et quartiers juifs de Jérusalem dimanche. Cette décision a fait réagir le Patriarche latin de Jérusalem, cité par l’agence d’information vaticane Fides. Attristé, Mgr Fouad Twal juge que ce rempart de béton « défigure le visage de la Ville Sainte. Si cette politique de séparation se poursuit, chaque personne se déplacera à Jérusalem en portant avec soi son propre mur, sa propre barrière qui le sépare des autres ».

Israël estime que ce mur empêchera au moins les jets de pierres et de cocktails Molotov de la part des Palestiniens. « Il s’agit d’une chose invraisemblable et elle fait partie de la politique de l’émiettement de la Ville Sainte et de la volonté de rendre difficile également l’accès aux lieux Saints. Par un temps, les autorités israéliennes répétaient le slogan selon lequel Jérusalem est la Ville Sainte, une et indivisible. Maintenant, elles se mettent même à construire de nouveaux murs… Évidemment, tout peut être sacrifié et contredit lorsque cela est conforme à leurs propres stratégies politiques » a déclaré le Patriarche latin de Jérusalem.

Le Patriarche souligne que « dans un pays démocratique tout acte criminel est puni par la justice et lorsque le juge émet la condamnation, tous l’acceptent. Maintenant, tous les civils en Israël ont le droit d’ouvrir le feu. Il y a des lynchages et des exécutions sommaires. L’usage disproportionné de la force est toujours un signe de faiblesse alors que serviraient des nerfs solides et un esprit lucide pour reconnaître et ôter les causes de cette vague de violence et défendre ensemble le profil de Jérusalem comme ville de la paix, pour le bien de tous ».

19/10/2015 18:00