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Eglise \ Vie de l'Eglise

Les Dominicains célèbrent leur 800ème anniversaire

Dans la basilique de Sainte-Sabine, à Rome - OSS_ROM

06/11/2015 16:02

(RV) Entretien – «Envoyés pour prêcher l’Évangile»; les Dominicains célèbrent le huitième centenaire de leur fondation. L’ouverture de leur Jubilé a eu lieu samedi 7 novembre 2015. À Rome, le père Bruno Cadoré, Maître de l’Ordre, a prèsidé une célébration solennelle dans la basilique Sainte-Sabine, avec la participation de toutes les branches de la Famille Dominicaine.

En signe de communion dans la prière, il a béni des "rosaires pèlerins" qui ont ensuite été envoyés dans les quelques 200 monastères dominicains du monde entier. Afin de former une chaîne continue de prière tout au long de l’Année Jubilaire, ces monastères ont prié à tour de rôle pendant 48 heures aux intentions des Dominicains qui vivent dans le besoin, subissent des violences ou se trouvent dans des situations particulièrement précaires dans différents endroits du monde.

Tout au long de l’année, la famille dominicaine sera, par ailleurs, invitée à suivre un parcours de Lectio Divina accessible en ligne. L’Année jubilaire sera également jalonnée de célébrations, de colloques, d’événements intellectuels et artistiques.

Le père Cadoré invite les Dominicains à profiter de ce Jubilé pour s’inspirer des audaces qui ont conduit leurs pères et mères à dialoguer avec les cultures différentes, à fonder des universités, à rejoindre les «oubliés du monde», à faire dialoguer la théologie avec les savoirs profanes, à œuvrer pour la paix et la justice.

Faire mémoire, souligne encore le Maître des Dominicains, c’est aussi prendre conscience des erreurs, des manquements et des fautes, comme la terrible époque de l’Inquisition. Mais surtout, célébrer un Jubilé, c’est chercher comment actualiser l’intuition fondatrice. Parmi les priorités, le père Bruno Cadoré mentionne l’inculturation et l’interculturalité. Prêcheur, l’Ordre devra, dit-il, parler «de la part de Dieu» dans ce monde. Il est interrogé par Hélène Destombes.

«L’inculturation est une chose importante dans les Évangiles puisqu’il s’agit de voir comment l’Évangile entrait en conversation avec les cultures qu’il rencontrait: comment entrer en conversation à Athènes, comment entrer en conversation lorsque les premiers prédicateurs se sont approchés de l’Europe que nous connaissons, comment entrer avec le nouveau monde qui était outre-Atlantique, etc... Donc l’interculturation est toujours importante: savoir que l’Évangile a à la fois sa propre logique, et qu'il se trouve en même temps toujours incomplet tant qu’il ne converse pas avec les autres. Quant à l’inculturalité, c'est un enjeu aussi dans un monde globalisé, parce que désormais nos sociétés, nos églises, nos paroisses, nos communautés, etc. , sont composés de membres qui viennent de toutes cultures et il s’agit d’inventer la fraternité alors que chacun va apporter à cette fraternité l’héritage de sa propre culture. On assiste là à quelque chose de magnifique et qui, d'une certaine façon, n’est jamais gagné parce qu’il faut beaucoup de temps pour découvrir, ou penser avoir compris la culture de l’autre alors qu’en fait on l’avait pas encore écouté.»

Le gouvernement de l’Ordre des Prêcheurs est établi au couvent de Sainte-Sabine à Rome, donné à saint Dominique par le Pape Honorius III. Le frère Philippe Toxé, procureur général de l’Ordre nous raconte l’histoire des liens entre les Dominicains et la basilique Sainte-Sabine, située sur l’Aventin, l’une des collines de Rome. Il est interrogé par Romilda Ferrauto

«L’église de Sainte-Sabine croise le chemin de Saint-Dominique à la fin de sa vie. En 1220, le Pape a donné une partie de la basilique de Sainte-Sabine et certains bâtiments attenants à l’ordre des prêcheurs.Saint-Dominique n'y est resté que très peu de temps: il a vécu à Sainte-Sabine de 1220 à 1221 avant de partir pour Bologne et finir sa vie. (...) À l'intérieur de la basique de Sainte-Sabine, il reste une pierre sous laquelle était enterrée les reliques des saints martyrs vénérés dans la basilique et sur laquelle Saint-Domique avait l’habitude de prier allongé pour être plus en contact avec les saints martyres. Il reste aussi la chambre de Saint-Dominique, transformée en chapelle. (...) À Sainte-Sabine, aujourd’hui, il y a une trentaine de frères qui travaillent puisque c’est le siège de la curie généraliste. Il y a donc le Maître de l’Ordre avec ses assistants qui forment le conseil général, et puis, un certain nombre d’autres frères qui travaillent à l’administration centrale de l’ordre. (...) Ces lieux transmettent ce que les prédécesseurs nous ont laissé, ce sont des lieux d’occasion et de rencontres avec les pélerins et les touristes.»

La grande famille des Dominicains compte des sœurs apostoliques, des membres d’instituts séculiers, des diacres et des prêtres diocésains. Il y a aujourd’hui dans le monde 38 évêques dominicains et 4347 prêtres. Quatre papes ont porté l’habit dominicain avant leur élection. Trois d’entre eux ont été proclamés saints : Benoît XI, Innocent V et Pie V. Quant à Benoît XIII, son procès en béatification a été ouvert en 1931 et relancé par le Tribunal diocésain de Rome début 2010.

(AG-RF-CC)

06/11/2015 16:02