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Cardinal Filoni : la miséricorde est aussi un message pour les musulmans

Le Pape François avec l'Imam Nehedid Tidjani, le 30 décembre à la mosquée centrale de Bangui. - AFP

02/12/2015 18:33

(RV) Une nouvelle espérance pour la paix, le dialogue et la justice ; c’est ainsi que le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, a défini le récent voyage du Pape François en République centrafricaine. Il a répondu à Paul Samatumo, du service italien de Radio Vatican.

« Cette présence du Saint-Père a suscité une joie extraordinaire dans tous les pays que nous avons visités. Peut-être l’enthousiasme en République centrafricaine a été le plus frappant, car le pays traverse une phase encore politiquement, socialement, civilement et religieusement instable. Mais je suis convaincu, que justement, la présence du Saint-Père, à travers ces moments, - la visite aux chrétiens et l’ouverture de la Porte Sainte dans la cathédrale de Bangui, qui est devenu pour un moment le centre de la catholicité ; la visite aux évangéliques, dont la présence est aussi significative sur beaucoup d’aspects ; la visite à la communauté musulmane, c’est-à-dire cette façon joyeuse avec laquelle aussi les musulmans ont accueilli le Pape -, est une page extraordinaire qui ouvrira un nouveau chapitre.

(…) Le Pape a dit une chose très significative : "cela ne me plait pas de parler de tolérance". Et moi je dis que moi non plus, je n’aime pas parler de tolérance, je le dis toujours, où que je me trouve. La tolérance, en effet, indique seulement une concession de ma part, qui suis la majorité, vers les autres qui sont une minorité. Ce n’est pas comme cela, cela ne doit pas être comme cela. Il y a un droit à la paix. Il y a un droit à la coexistence, qui ne doit pas être intéressée par les éléments de majorité, de minorité, religieuses ou non religieuses, parce que, comme le Pape l’a dit, du point de vue proprement existentiel, religieux, nous sommes tous enfants de Dieu. Mais même si nous ne voulons pas croire à cela, nous sommes tous enfants de la même terre, nous sommes tous enfants de cette même réalité. Pourquoi nous ne pouvons pas cheminer et vivre ensemble ? Voila, non plus la tolérance, qui est peut-être le premier degré pour ne pas faire de guerres, de violences, mais le droit pour tous de vivre, de vivre dans la paix, en professant chacun le bien, faisant le bien professant sa propre foi, dans la simplicité et dans le témoignage réciproque.

Autant les chrétiens que les musulmans peuvent donner leur propre témoignage de foi. Je trouve toujours beau, je le répète, comme le Pape a pu le voir ici, mais aussi dans tant d’autres parties du monde où les chrétiens sont une minorité, de voir que dans nos écoles catholiques nous ne faisons pas de différences de religion. Et je dois dire que de nombreuses fois ce sont justement les leaders musulmans qui disent : "Nous, nous sommes des anciens élèves des écoles chrétiennes". Si cela est possible dans tant d’endroits, pourquoi ne pouvons-nous pas l’étendre ? Je crois que la visite du Saint-Père travaillera aussi dans ce sens : pour la coexistence pacifique de tous, pour le respect des droits de tous.

Quelle a été la signification de l’ouverture de la Porte Sainte à Bangui ?

En ouvrant la Porte Sainte, le Pape, aussi d’un point de vue théologique et ecclésial, a fait un geste extraordinaire. Il n’y avait pas besoin d’ouvrir la Porte Sainte dans une ville pacifique – cela peut être Rome, cela peut être aussi d’une autre partie de l’Occident, peu importe – mais le faire là, où jusqu’à hier il y avait encore des difficultés et des affrontements. C’est là-bas que la réconciliation a besoin de renaître, c’est là que la réconciliation et le pardon ont besoin d’être de nouveau générés.

Et pourquoi cela ? Parce que le cœur du christianisme et la miséricorde. Mais aussi dans le cœur de l’islam, il n’y a pas Dieu si ce n’est un Dieu miséricordieux. Aussi dans le cœur de l’islam il y a une miséricorde, à laquelle parfois les ailes sont coupées, oubliées par certains, mises de côté, mais nous savons que la miséricorde est l’un des 99 noms avec lesquels Dieu, Allah, est nommé. Le Pape est allé dans une terre où il y a eu ces conflits : ce sont des conflits civils, mais ils sont aussi déterminés par des aspects religieux, au moins dans une vision fondamentaliste (…). Nous les chrétiens, nous ouvrons une Porte Sainte qui est celle de la miséricorde, et maintenant nous attendons que nos frères musulmans, eux aussi, qui croient en un Dieu miséricordieux, ouvrent, eux aussi, une Porte Sainte qui est celle, aussi pour eux, de la miséricorde de Dieu, qui doit être mise en actes, pratiquée, en écartant les armes et peut-être en en faisant un beau feu pour les brûler et en finir avec ça.»

(CV)

 

02/12/2015 18:33