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Eglise \ Vie de l'Eglise

L'Église du Pakistan souhaite une béatification de Shahbaz Bhatti

Le ministre Shahbaz Bhatti, en février 2010. - AFP

29/02/2016 19:29

(RV) Il y a 5 ans était tué Shahbaz Batthi (1968-2011), ministre pakistanais des minorités religieuses, lui-même catholique. Les chrétiens et l’Église du Pakistan demandent maintenant que sa cause de béatification soit ouverte. Il s’était engagé contre la loi anti-blasphème, dont est par exemple victime Asia Bibi, emprisonnée depuis 2009. Le texte prévoit notamment la peine de mort pour qui insulte le prophète Mahomet.

Les quelque trois millions de chrétiens pakistanais voient en Shahbaz Batthi un modèle, comme l’explique Mgr Joseph Coutts, l’archevêque de Karachi et président de la conférence épiscopale du Pakistan, en visite en Italie cette semaine. Il observe des «pas positifs» dans la lutte contre la loi anti-blasphème.

Antonino Galofaro.

«La voix de la vérité ne sera jamais réduite au silence. Et nous ne permettrons pas que l’obscurité prenne le dessus sur la lumière. Son travail ne s’arrête pas avec sa mort, nous le poursuivrons.» Voilà les mots de Mgr Joseph Coutts, lors de l’enterrement de Shahbaz Batthi, en 2011. Invité lundi à Rome par l’Aide à l’Église en détresse, l’archevêque de Karachi, se rappelle d’un homme devenu un modèle pour toute la communauté chrétienne.

«C’était un bon chrétien, catholique, un homme bon, honnête, qui cherchait de faire quelque chose pour créer des rapports entre les musulmans et les non musulmans. Et créer une société multi-religieuse. Pour nous, c’est un modèle. Il avait une vision d’un Pakistan avec une société de paix et d’harmonie.»

Shahbaz Batthi, comme ministre des minorités religieuses, s’était engagé contre la loi anti-blasphème, qui permet de condamner à mort celui insulte le prophète Mahomet. 5 ans après sa mort, le texte est toujours là, mais Mgr Coutts reste néanmoins optimiste.

«Notre Cour suprême a dit en novembre dernier que critiquer la loi n’est pas une offense. Mais pour les fanatiques, même s’exprimer contre ce texte est un grand péché. Il y a beaucoup de juge et beaucoup de musulmans qui comprennent maintenant que cette loi, qui vise à protéger l’honneur du prophète, est utilisée désormais de façon négative. Nous devons faire quelque chose. C’est devenu clair, même pour le gouvernement et pour beaucoup de musulmans».

Plus pessimiste, Shahid Mobeen, professeur à l’Université pontificale du Latran, à Rome. Après la mort de Shahbaz Batthi, explique aujourd’hui l’ami du ministre assassiné, la condition des minorités religieuses au Pakistan a nettement empiré : elles sont plus attaquées, et moins représentées au niveau national.  

(CV-AG)

29/02/2016 19:29