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François \ Célébrations liturgiques

Le Pape en Arménie : construire sur la mémoire, la foi et l’amour miséricordieux

Devant 20 000 fidèles, le Pape a célébré une messe exceptionnellement en plein air sur la place Vartanans à Gyumri, en Arménie. - ANSA

25/06/2016 11:35

(RV) Le Pape François a célébré ce samedi 25 juin au matin une messe à Gyumri, une ville d’environ 150 000 habitants au nord-ouest de l’Arménie. Le Saint-Père a ainsi pu saluer les catholiques du nord de l’Arménie et des fidèles arméniens venus de la Géorgie voisine. Les habitants de cette ville bénéficient notamment de la présence des Missionnaires de la Charité (sœurs de Mère Teresa) et des sœurs arméniennes de l’Immaculée Conception, la seule congrégation féminine de l’Église arménienne catholique, dont le couvent accueillera le Pape François pour le déjeuner.

Devant quelques 20 000 personnes, il a exhorté à ne jamais se lasser d’ «édifier des ponts d’union et de surmonter les barrières de séparation».Le Pape a également rappelé que l'«amour concret et la carte de visite du chrétien» et salué la foi chrétienne du peuple arménien, sa «respiration», «le cœur de sa mémoire».

Xavier Sartre

Le Pape François a commencé son homélie en évoquant le souvenir tragique du séisme de 1988, qui avait dévasté la ville et fait des dizaines de milliers de morts. «Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les demeures dévastées», a-t-il déclaré, en citant le Livre d’Isaïe. «En ces lieux, chers frères et sœurs, nous pouvons dire que se sont réalisées les paroles du prophète Isaïe que nous venons d’écouter. Après les terribles destructions du tremblement de terre, nous nous trouvons ici aujourd’hui pour rendre grâce à Dieu pour tout ce qui a été reconstruit.» Invitant les fidèles à se demander «ce que le Seigneur nous invite à construire aujourd’hui dans la vie», le Pape a proposé «trois fondements stables»:

Tout d’abord la «mémoire», la mémoire personnelle de notre relation avec Dieu, qui «nous a choisis, aimés, appelés et pardonnés», mais aussi «la mémoire du peuple». «Les peuples ont en effet une mémoire, comme les personnes. Et la mémoire de votre peuple est très ancienne et précieuse.» Évoquant la beauté des chants arméniens, dans lesquels «fusionnent les gémissements et les joies» de l’histoire nationale, François a rappelé aux Arméniens que Dieu s’est souvenu de leur fidélité à l’Évangile, de la primeur de leur foi, «de tous ceux qui ont témoigné, même au prix du sang, que l’amour de Dieu vaut plus que la vie».

Deuxième fondement : la foi, qui ne doit pas être «enfermée dans les archives de l’histoire». Permettre à la rencontre avec la tendresse du Seigneur «d’allumer la joie dans notre cœur nous fera du bien : une joie plus grande que la tristesse, une joie qui résiste même face à la souffrance, en se transformant en paix». Il ne faut pas avoir peur de s’engager à la suite de Dieu, car «Il nous connaît, il nous aime vraiment, et il désire libérer le cœur du poids de la crainte et de l’orgueil».

Enfin, troisième fondement : «l’amour miséricordieux». «C’est sur ce roc, sur le roc de l’amour reçu de Dieu et offert au prochain, que se fonde la vie du disciple de Jésus. Et c’est en vivant la charité que le visage de l’Église rajeunit et devient attrayant», notamment grâce à la fraternité entre les Églises. Répétant les paroles de Saint Jean-Paul II lors de sa venue en Arménie en 2001, François a rappelé que «l’unique concurrence possible entre les disciples du Seigneur est celle de voir qui est en mesure d'offrir l'amour le plus grand !»

«Dieu demeure dans le cœur de celui qui aime ; Dieu habite là où on aime, surtout là où on prend soin, avec courage et compassion, des faibles et des pauvres, a martelé le Saint-Père. On en a tant besoin : on a besoin de chrétiens qui ne se laissent pas abattre par les fatigues et ne se découragent pas à cause des adversités, mais qui soient disponibles et ouverts, prêts à servir

«Nous avons besoin de miséricorde»

Le Pape a évoqué la figure de saint Grégoire de Narek, un moine arménien qu’il a élevé l’an dernier au rang de docteur de l’Église, et qu’il a qualifié de «parole et voix de l’Arménie». «Grégoire de Narek est un maître de vie, parce qu’il nous enseigne qu’il est avant tout important de reconnaître que nous avons besoin de miséricorde et puis, face aux misères et aux blessures que nous percevons, de ne pas nous replier sur nous-mêmes», mais de nous ouvrir avec sincérité et confiance au Seigneur «Dieu miséricordieux et proche» «ami des hommes, feu qui dévore[…] les broussailles des péchés».

A la fin de la messe, le Pape a remercié les personnes qui, «avec beaucoup de générosité et d’amour concret, aident ceux qui se trouvent dans le besoin», Il a évoqué «l’hôpital d’Ashotsk, inauguré il y a 15 ans et connu comme l’"Hôpital du Pape" : né du cœur de Saint Jean-Paul II, il est encore une présence si importante et proche de quiconque souffre.»

Cette messe en plein air devant 20 000 personnes était un évènement exceptionnel en Arménie, dont la tradition religieuse prévoit la célébration des cultes à l’intérieur des églises, et non pas à l’extérieur. Le catholicos Karékine II a assisté à la messe, avec les évêques de l’Église apostolique. Dimanche 26 juin, ce sera l’inverse : la délégation catholique assistera à la Divine Liturgie célébrée à Etchmiadzin.

Autre signe fort d'oecuménisme : c'est ensemble que Karékine II et François ont béni la foule, en circulant en papamobile sur la place de Gyumri après la messe.

(BH-CV)

25/06/2016 11:35