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François \ Activités

Le Pape à La Nacion: "Je continue tout droit sur ma route, sans regarder de côté"

Le Pape et le président argentin Mauricio Macri, le 27 février 2016. - OSS_ROM

03/07/2016 15:22

(RV) Dans un entretien accordé le 28 juin 2016 au quotidien argentin La Nacion, journal qu’il lisait chaque matin lorsqu’il était l’archevêque de Buenos Aires, François évoque la santé de Benoit XVI, ses rapports avec les «ultra conservateurs de l’Église» ou encore avec le président argentin Mauricio Macri.

Benoît XVI est «un révolutionnaire». C’est ainsi que le Pape en exercice a qualifié le pape émérite, le jour où ce dernier célébrait ses 65 ans d’ordination sacerdotale. «Sa générosité est inégalable. Sa renonciation, qui a rendu flagrants tous les problèmes de l’Eglise, n’a rien à voir avec des questions personnelles. C’est un acte de gouvernement. Son dernier acte de gouvernement». Concernant la santé de Benoît XVI, 89 ans, François affirme qu’il connaît quelques difficultés à se déplacer, mais que sa tête et sa mémoire sont «intactes, parfaites

«Ils font leur travail, je fait le mien»

Concernant «les ultra conservateurs de l’Église», le Pape se contente d’affirmer qu’ils font leur travail et que lui fait le sien. «Je désire une Église ouverte, compréhensive qui accompagne les familles blessées. Ils disent non à tout. Je continue tout droit sur ma route, sans regarder de côté. Je ne coupe pas des têtes. Je n’ai jamais aimé faire cela. Je le répète : je refuse le conflit
Le 27 février dernier, de nombreux journaux argentins soulignèrent le visage grave et froid du Pape lorsqu’il recevait Mauricio Macri. A-t-il un problème quelconque avec le nouveau président argentin ? François répond par la négative : «Je n’ai aucun problème avec Mauricio Macri. Je n’aime pas les conflits. Macri me semble être une personne de bonne famille, noble». Puis, il concède : «Une seule fois à Buenos Aires». Pendant six ans, l’un fut maire, l’autre l’archevêque de la capitale. «Une seule fois en si longtemps, cela fait une moyenne très basse». Le Pape ajoute que lorsqu’ils ont eu des problèmes, ils en ont parlé en privé et les ont résolus en privé, chacun a respecté cet accord de discrétion.

On ne nie pas le pardon

En Argentine, certains -dont un ami du Pape- n’ont pas compris pourquoi François avait reçu Hebe de Bonafini, la responsable d’une des branches les plus dures des Mères de la place de Mai, qui avait accusé, à tort, le Pape d’avoir collaboré avec la dictature de Videla, avant de se rétracter et de formuler des excuses publiques. François a expliqué qu’il s’agissait d’un geste de pardon. «Elle m’a demandé pardon et je ne le lui ai pas refusé. Le pardon ne se refuse à personne». En outre, il souligne que les deux enfants de cette femme ont été tués. «Et moi, je m’incline devant tant de souffrance. Je sais qu’elle a dit des choses horribles sur moi dans le passé, mais peu importe ce qu’elle a dit».

Un seul porte-parole, la Salle de presse du Saint-Siège

À Buenos Aires, certains amis du Pape ont pris la parole en son nom, François a remis les points sur les "i". «La Salle de presse (du Saint-Siège) est l’unique porte-parole du Pape».

Le Pape a été enfin interrogé sur Scholas Occurentes, une fondation privée engagée dans la formation des jeunes, née à Buenos Aires il y a 15 ans sur l’impulsion du cardinal Bergoglio et aujourd’hui reconnue par le Saint-Siège. Récemment, le Pape a invité ses responsables à ne pas accepter de donations financières de la part du gouvernement. Cela n’était pas une «décision à l’encontre du gouvernement de Mauricio Macri», affirme François qui y voit une «interprétation absolument erronée». «J’ai seulement dit aux responsables de Scholas, avec affection, ce qui pouvait les induire en potentielles erreurs dans la gestion de la Fondation». «Je continue à croire que nous n’avons pas le droit de demander de l’argent au gouvernement argentin qui a tant de problèmes sociaux à résoudre». (MD)

03/07/2016 15:22