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Eglise \ Vie de l'Eglise

L'évêque de Pamiers : pardon pour les crimes contre les cathares

Ruines du château de Montségur - RV

17/10/2016 13:21

(RV) Il y a près de huit siècles, en 1244, dans le sud de la France, 220 cathares étaient brûlés vifs pour avoir refusé d’abjurer leur foi. C’était l’épilogue d’une longue guerre commencée plusieurs décennies auparavant par les seigneurs du Nord de la France contre les populations du Sud qui s’étaient converties à ce que l’on a appelé l’hérésie cathare. 800 ans plus tard, l’évêque de Pamiers, Mgr Jean-Marc Eychenne, a demandé officiellement pardon dans le cadre du jubilé de la miséricorde.

Lors d’une messe célébrée ce dimanche 16 octobre 2016 au pied des ruines du château de Montségur où eut lieu l’exécution des derniers cathares, Mgr Eychenne a reconnu la responsabilité de l’Église et de l’Inquisition dans ce drame. Dans une lettre, il a tenu à expliquer le sens de sa démarche aux fidèles du département de l’Ariège, dont la mémoire a été vivement marquée par cet épisode. « Parmi les drames qui ont marqué l’histoire locale, et qui restent dans l’inconscient collectif (même s’ils se sont déroulés il y a huit siècles), on trouve le sort extrêmement cruel réservé à ces croyants que l’on a coutume d’appeler cathares », écrit-il.

Il justifie cette démarche en se basant sur deux points de la doctrine sociale de l’Église : « en lien avec les blessures qui marquent notre temps, nous voudrions réaffirmer aussi que le pouvoir religieux et le pouvoir politique (le spirituel et le temporel) doivent impérativement être séparés si l’on veut respecter la liberté, l’intégrité et la conscience de chacun ». Pas question selon l’évêque de Pamiers, d’employer « des moyens ne respectant pas la dignité des personnes humaines » pour « atteindre une fin juste ».

« Nous ne demandons pas pardon aux cathares, mais au Seigneur pour cet inconscient collectif blessés » a déclaré Mgr Eychenne dans un entretien au quotidien La Croix le 8 octobre dernier. « Beaucoup de gens, ici, ont le sentiment que les catholiques d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux qui, hier, ont persécuté ces chrétiens ». C’est donc également dans un souci d’apaisement des consciences que l’évêque de Pamiers a mené ce travail de mémoire et de pardon. (XS avec la Croix)

17/10/2016 13:21