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Eglise \ Vie de l'Eglise

L'engagement des Papes en faveur du dialogue judéo-chrétien

Le Pape envisite à la Grande Synagogue de Rome, le 17 janvier 2016. - ANSA

17/01/2017 18:07

(RV) Comme tous les ans, en Italie, le 17 janvier est la journée du judaïsme et du dialogue entre juifs et catholiques. Il y a 1 an, le Pape Francois se rendait à la synagogue de Rome, sur les traces de ses prédécesseurs, le Bienheureux Paul VI, St Jean-Paul II et Benoît XVI. Il y avait rappelé l’importance des liens étroits et si particuliers qui liaient juifs et catholiques, lesquels devaient par conséquent «se sentir frères et unis au même Dieu». Petit parcours historique de l'engagement des derniers Papes au service d'un dialogue initié il y a plus de 50 ans.

Le message d’amitié, de dialogue et de partage entre chrétiens et juifs, protagonistes d’une histoire mouvementée et souvent douloureuse, remonte avant même la déclaration conciliaire « Nosta Aetate », promulguée en 1965. En 1964 en effet, -soit un an avant la conclusion des travaux du concile Vatican II-, le Pape Paul VI se rendit en Terre Sainte, où il fut accueilli par le Roi Hussein II de Jordanie et le président israélien, Zalman Shazar. C’est au cours de ce pèlerinage, qui le mena sur les lieux de la Rédemption, -à Jérusalem, Nazareth et Bethléem-, que l’évêque de Rome échangea une accolade historique avec le patriarche œcuménique de Constantinople, Athénagoras. Sur les collines de Meggido, site biblique situé entre Jérusalem et Tel-Aviv, Paul VI souligna le lien profond qui unit chrétiens et juifs, «peuple de l’Alliance», dont le «rôle dans l’Histoire religieuse de l’humanité» ne peut être oublié. 

Le chemin d’amitié alors initié se poursuit avec Saint Jean-Paul II, qui visita le 7 juin 1979 le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, premier successeur de Pierre à pénétrer dans ce camp de la mort, symbole de l’abomination nazie, «ce Golgotha du monde contemporain», selon les mots mêmes du Pape polonais.

Comment ne pas évoquer la visite qu’il effectua sept ans plus tard, le 13 avril 1986, à la synagogue de Rome, l’accolade chaleureuse qu’il échangea avec le Grand Rabbin Elio Taeff, et les paroles fortes qu'il prononça : «la religion juive ne nous est pas ‘extrinsèque’, affirma-t-il, mais, d’une certaine manière, elle est ‘intrinsèque’ à notre religion. Nous avons donc envers elle des rapports que nous n’avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés et, d’une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés».

Le dialogue et les relations d’amitié se renforcent sous le pontificat de Benoît XVI. C’est au cours des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne, en 2005, qu’il se rend dans une synagogue; en 2006, il visite à son tour le camp d’Auschwitz, puis en 2008, la “Park East Synagogue” de New-York, avant de gagner, en 2009, la Terre Sainte.

Le 19 mai 2010, celui qui est désormais pape émérite se rend aussi à la synagogue de Rome: «il y a presque vingt-quatre ans, mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, voulut offrir une contribution décisive au renforcement des bonnes relations entre nos communautés, pour surmonter toute incompréhension et préjugé. Ma visite s’inscrit dans le chemin tracé, pour le confirmer et le renforcer», déclare alors Benoît XVI.

Le Pape François s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs; après avoir visité la Terre Sainte en 2014, à 60 ans du voyage du Bienheureux Paul VI, il se recueille en silence à Auschwitz, en juillet 2016, en marge des JMJ de Cracovie. Il avait, à l'occasion de cette visite, demandé au Seigneur «le don des larmes». Le Saint-Père signa alors un livre d'or avec ces mots : «Seigneur, prend pitié de ton peuple ! Seigneur, pardon pour tant de cruauté !».

(MA-MN)

17/01/2017 18:07