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Monde \ Politique

Les États-Unis s'impliquent dans la guerre au Yémen

Un Yéménite devant un graffiti dénonçant les frappes de drones américains, le 29 janvier 2017. - EPA

30/01/2017 08:48

(RV) Donald Trump se félicite car ce dimanche 29 janvier 2017, un raid d’envergure a été mené par les États-Unis au Yémen, le premier depuis son arrivée au pouvoir. L’opération a selon lui «permis de récupérer des renseignements importants» qui aideront «à éviter des actes terroristes». Bilan de ces frappes, entre 20 et 42 morts. 

Dimanche matin à l’aube, dans la région montagneuse de Yakla, au centre du Yémen, des drones américains et des hélicoptères Apache, munis de mitrailleuses lourdes, ont pris pour cible des repaires d’Al-Qaïda : une école, une mosquée et un dispensaire.  Le chef local d’Al-Qaïda  a été tué, ainsi que trois chefs tribaux, des femmes, des enfants, notamment la fille de 8 ans d’un ancien prédicateur américano-yéménite, Anwar al-Aulaqi. Parmi les victimes, il y aurait des Égyptiens et des Saoudiens.

Aujourd’hui, les États-Unis sont la seule puissance à disposer dans la région de drones pouvant atteindre des cibles au Yémen.  Et si ce raid est le premier depuis l’arrivée du milliardaire au pouvoir, entre 2002 et 2015, quelques 126 attaques de drones ont été lancées par les États-Unis. Elles ont tué entre 737 et 972 extrémistes et près de cent civils selon la Fondation New America.

L'engagement américain

L’attaque de ce dimanche se distingue cependant, car rares sont les sorties physiques de soldats américains, à bord d’hélicoptères. L'un d’entre eux s’est écrasé hier tuant son pilote, mais aussi au sol. La dernière fois, c’était en mai 2016. Les forces spéciales américaines avaient débarqué dans le port de Moukalla pour aider les soldats émiratis à déloger Al-Qaïda qui s’était emparé de la ville, profitant du chaos causé par la guerre .

Officiellement, les Américains n’apportent aucun soutien à la coalition arabe qui tente, depuis mars 2015, de remettre le président Hadi au pouvoir et de déloger les rebelles chiites Houthis de la capitale Sanaa. Ce dimanche 29 janvier, des raids saoudiens et des combats pour le contrôle des zones côtières sur la mer rouge ont encore fait 100 morts.

10 000 civils tués

Et les civils paient le prix fort de cette guerre. Selon l’ONU, plus de 10 000 civils ont été tués depuis le début du conflit.  80% de la population, 14 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire. «Un enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 10 minutes de causes évitables», a affirmé le 26 janvier dernier le patron des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien.

Au Yémen, les stocks de blé sont quasi épuisés et le pays dépendant presque entièrement des importations. L’aéroport de Sanaa est fermé, et une grosse partie de ces importations arrive par le port d’Hodeida, bombardé par la coalition arabe depuis 2015.

(CV-MD)

30/01/2017 08:48