Social:

RSS:

Radio Vatican

La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde

Autres langues:
Lire l’article Accéder au menu

François \ Activités

«Protéger les migrants est un impératif moral» rappelle le Pape

Des migrants secourus au large de la Libye le 3 février 2017. - REUTERS

21/02/2017 12:27

(RV) Le sixième forum international sur les migrations et la paix s’est ouvert ce mardi 21 février à Rome. Organisé par le réseau international Scalabrinien des migrations, le dicastère pour le développement humain intégral du Saint-Siège et la fondation Konrad Adenauer. Ce forum qui doit durer deux jours a pour thème cette année « Intégration et développement: de la réaction à l’action ». C’est par une audience avec le Pape François dans la salle Clémentine du Vatican que les 250 participants ont ouvert leurs travaux. Le Saint-Père a livré de nouvelles clés pour mieux accueillir et intégrer les migrants aujourd’hui. 

Le compte-rendu d'Olivier Bonnel

En dressant un large panorama des migrations contemporaines, le Pape a regretté que dans la plupart des cas il s’agisse de déplacement forcés, causés par des conflits, des désastres naturels, des persécutions, des changements climatiques ou des conditions de vie indignes. « Les flux migratoires contemporains constituent le plus vaste mouvement de personnes, sinon de peuples, de tous les temps » a relevé François.

Face à ce scénario complexe de la nature “forcée” des conflits, le Pape propose, comme il l’avait déjà fait, une pédagogie pour affronter ce défi, qui s’articule autour de quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.

Accueillir d’abord suppose un changement de comportement : face à des comportements de refus, enracinés dans l’égoïsme et amplifié par de la démagogie populiste dénonce le Pape, il est nécessaire de dépasser l’indifférence et la peur. François plaide ainsi pour des canaux humanitaires « accessibles et sûrs » pour accueillir en particulier ceux qui subissent de terribles persécutions ou pris au piège d’organisation criminelles.

Protéger signifie mettre en place des instruments qui permettent de lutter efficacement contre l’exploitation. « C’est un impératif moral qui doit se traduire en adoptant des instruments juridiques internationaux et nationaux, clairs et pertinents » précise le Pape.

Une attention particulière pour les enfants et adolescents séparés de leurs familles

Mais la protection ne suffit pas, il est pour François essentiel de promouvoir le développement intégral des migrants et réfugiés, dans l’esprit de la doctrine sociale de l’Eglise car il s’agit d’un droit inaliénable de l’être humain. Cette promotion humaine, note le Saint-Père,  doit commencer dans les communautés d’origine, là où doit être garantit, en même temps le droit de pouvoir émigrer, celui de pouvoir rester. Il s’agit donc de continuer à développer la coopération internationale pour que soit assurés une vie digne dans de nombreux pays.

Enfin, le Pape insiste sur l’intégration qui se fonde avant tout sur la reconnaissance de la richesse culturelle de l’autre. Cela se fait dans les deux sens : pour celui qui arrive, il est nécessaire de respecter les traditions du pays d’accueil et ses lois, et que le pays d’arrivée veille à ne pas négliger la politique d’accueil, en privilégiant notamment le regroupement familial.

Dans son discours, François précise que conjuguer ces quatre verbes répond à un devoir de justice, face aux inégalités économiques aujourd’hui croissantes, un devoir de civilité car en appliquant cette culture de l’accueil se construit un patrimoine commun d’humanité et de sagesse, enfin, un devoir de solidarité qui s’inscrit dans le besoin de comprendre les souffrances de nos frères et sœurs.

En concluant, le Souverain Pontife a tenu à mettre en évidence une catégorie particulièrement vulnérable : les enfants et les adolescents forcés à vivre loin de leur terre d’origine, séparés de leurs familles. (OB)

21/02/2017 12:27