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Eglise \ Vie de l'Eglise

Le cri d'alarme des évêques sud-soudanais pour leur pays exsangue

Une sud-soudanaise et son bébé, attendant d'être enregistrée pour une distribution de nourriture du PAM. - REUTERS

27/02/2017 12:57

(RV) Le Pape pourrait se rendre au Soudan du Sud. Il étudie la possibilité d’un déplacement conjoint à Juba avec le Primat anglican, Justin Welby. Il l’a confié dimanche 26 février 2017 lors d’une visite historique à la paroisse anglicane de Rome. Le Pape et l’archevêque de Canterbury s’y rendraient à l’invitation des évêques catholiques, anglicans et protestants du pays, pour encourager des efforts de paix qui se construisent à travers un chemin œcuménique.

Au Soudan du Sud, la guerre dure depuis 3 ans entre les hommes du président Salva Kiir et de son ancien allié Riek Machar. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et la famine s’abat maintenant sur le pays, poussant ceux qui restaient à fuir.

Vendredi dernier au terme de leur assemblée à Juba, les évêques catholiques ont publié un message pastoral adressé aux fidèles et à tout le peuple sud-soudanais. Un nouveau cri d’alarme, un nouvel appel à la paix.

Les précisions de Marie Duhamel :

Lorsqu’il a présenté le message des évêques à la presse, sa voix rauque s’est brisée : « Malgré nos appels à la paix adressés à toutes les parties, les meurtres, les viols, les saccages, les évacuations forcées, les attaques contre les églises et les destructions de propriétés se poursuivent dans tout le pays ». Le conflit,  « qui n’a aucune justification morale » continue, et Mgr Lodu, l’évêque de Yei, s’alarme de cette guerre qui finalement oppose le gouvernement ou les rebelles à la population civile. Au nom des évêques, il dénonce « des crimes de guerre sur des bases ethniques » : « les attaques contre des personnes étiquetées comme ennemies seulement sur la base de perceptions, se multiplient ». Et de nombreux individus, parfois des familles, sont « tués, torturés, brulés vif, frappés, détenus ou contraints à l’exil ». Les villages ne sont plus que « terre brûlée », les villes sont abandonnées, « fantômes ». Et maintenant, poursuit-il, des abus sont commis dans les camps de déplacés de l’ONU et même dans des églises.

Depuis le début du conflit, trois millions de personnes ont fui à l’étranger ; 30 000 vers le Soudan depuis le début de l’année 2017.Sans parler de la famine dont souffrent déjà 100 000 personnes et qui menacent 5 millions de Sud-Soudanais, selon des estimations onusiennes. Elle s’abat dans les comtés de Mayendit et de Leer, d’où est originaire Riek Machar. Le contrôle de la zone passe de ses troupes à celles de son ennemi, le président Salva Kiir. Les populations vont et viennent, abandonnées à elles-mêmes. On voit mal comment elles pourraient cultiver leurs champs.

Dans leur message, les évêques s’inquiètent, car certains éléments du gouvernement semblent méfiants à leur égard. Des médiations échouent, mais l’Eglise ne désespère pas. Dans le dernier paragraphe de leur message, les évêques promettent de s’engager davantage : « Avec les autres églises, nous demandons de rencontrer en face à face le président, le vice-président, leurs ministres, les membres du parlement, les leaders de l’opposition, les militaires et quiconque a le pouvoir de changer les choses. Nous ne comptons pas les voir une fois, mais toutes les fois nécessaires pour que le dialogue soit suivi par des actes, et non des bavardages. »

(MA-MD)

27/02/2017 12:57