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Monde \ Politique

Le combat inégal des Indiens du Dakota contre le lobby pétrolier

L'évacuation du camp des opposants au projet de pipeline dans le Dakota du Nord ne s'est pas fait sans incidents mercredi 22 février 2017. - REUTERS

28/02/2017 07:47

(RV) Entretien - C’est un combat inégal qui semble toucher à sa fin: les tribus amérindiennes en lutte contre la construction d’un pipeline dans le Dakota du Nord ont été contraintes fin février 2017 d’évacuer leur principal campement, symbole de leur combat engagé en avril 2016. Plusieurs autres camps restent occupés et d’autres recours juridiques sont en cours d’examen à Washington mais tout laisse à penser que ce pipeline sera bien construit sur le tracé prévu.

Alors qu’en décembre dernier, sous la présidence de Barack Obama, l’administration américaine sortante avait proposé un nouveau tracé pour ce Dakota Access, afin de ne pas affecter les terres des Sioux, la nouvelle administration conduite par Donald Trump compte accélérer la construction de l’oléoduc, quitte à déloger les derniers résistants par la force.

Cette lutte des Sioux pour la défense de leur terre sacrée avait été soutenue durant des mois par des représentants de plus de 200 autres tribus, ainsi que par des Églises, des ONG, des militants écologistes, des artistes, et même par plusieurs milliers de vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan venus s’interposer entre les Water protectors et les forces armées au service du lobby pétrolier. Interrogé par Cyprien Viet, Étienne Marchadier, venu au Dakota dans le cadre d’un projet artistique mené avec la plasticienne Anne Goyer afin de dresser des portraits de ces Indiens, nous explique les enjeux de ce combat.

Plus de renseignements sur le travail d’Étienne Marchadier et de la plasticienne Anne Goyer sont à retrouver sur le site https://www.anne-goyer.com/water-protectors et sur la page Facebook https://www.facebook.com/annegoyerartwork.

Le Pape François avait fait allusion à cette lutte des Indiens du Dakota lors d’une rencontre avec des délégués de peuples autochtones au Vatican le 16 février 2017. Il avait alors déclaré que les habitants des territoires devaient toujours être associés aux décisions les concernant. Par ailleurs, dans le paragraphe 146 de son encyclique Laudato Si’, il précisait ainsi la position du magistère: «Il est indispensable d’accorder une attention spéciale aux communautés aborigènes et à leurs traditions culturelles. Elles ne constituent pas une simple minorité parmi d’autres, mais elles doivent devenir les principaux interlocuteurs, surtout lorsqu’on développe les grands projets qui affectent leurs espaces. En effet, la terre n’est pas pour ces communautés un bien économique, mais un don de Dieu et des ancêtres qui y reposent, un espace sacré avec lequel elles ont besoin d’interagir pour soutenir leur identité et leurs valeurs. Quand elles restent sur leurs territoires, ce sont précisément elles qui les préservent le mieux. Cependant, en diverses parties du monde, elles font l’objet de pressions pour abandonner leurs terres afin de les laisser libres pour des projets d’extraction ainsi que pour des projets agricoles et de la pêche, qui ne prêtent pas attention à la dégradation de la nature et de la culture.»

28/02/2017 07:47