Social:

RSS:

App:

Radio Vatican

La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde

Autres langues:
Lire l’article Accéder au menu

Monde \ Société

Save the children : les enfants syriens premières victimes du conflit

Enfants syrien dans les environs de Raqqa - AP

07/03/2017 16:21

(RV) Un quart des enfants syriens souffrent mentalement des conséquences de la guerre qui déchire leur pays depuis six ans. C’est ce que dénonce l’ONG Save the children dans un rapport publié ce mardi 7 mars 2017 intitulé « Blessures invisibles ». A travers des entretiens et des témoignages recueillis auprès d’adultes et d’enfants à l’intérieur de la Syrie, Save the children souligne que depuis le début du conflit, en mars 2011, 5,8 millions d’enfant vivent encore sous les bombardements et ont besoin d’aide. Trois millions en tout n’ont connu que la guerre. Parmi ces enfants, 470 000 ont perdu la vie lors des six dernières années à cause des combats. En tout, 85 % de la population syrienne vit dans la pauvreté. 4,6 millions de Syriens vivent dans des zones de conflit ou dans des régions difficiles d’accès. 6,3 millions sont déplacés au sein des frontières du pays, et 4,9 millions sont des réfugiés vivant à l’étranger.

Le rapport souligne que deux enfants sur trois déclarent avoir perdu un proche, que leur maison a été bombardée ou qu’ils ont été blessés à cause de la guerre. Autre fait inquiétant, la moitié des adolescents feraient usage de drogue selon les adultes interrogés. Les violences domestiques auraient augmenté et les enfants seraient engagés dans des milices armées.

Concernant les troubles mentaux observés, le document fait état de nombreux enfants ne dormant pas la nuit à cause des cauchemars, souffrant d’énurésie nocturne. Les adultes témoignent que les enfants ne parviennent plus à parler ou commettent des actes d’automutilation, allant parfois jusqu’à tenter de se suicider.

Selon le directeur de Save the children Italia, Valerio Neri, les enfants « rêvent de mourir pour pouvoir aller au paradis et avoir ainsi un lieu où pouvoir manger et être au chaud ». « Ils espèrent aussi, poursuit-il, être abattu par des tireurs embusqués pour aller à l’hôpital et éventuellement s’échapper des villes assiégées ». Autre conséquence de la guerre pour les enfants : certains parents préfèrent donner leurs filles en mariage alors qu’elles sont encore enfants car ils n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins. Cela pousse certaines jeunes filles vers le suicide. Quant à ceux qui n’ont plus de parents, ils rejoignent parfois les groupes armés dans l’espoir d’être nourris.

A tous ces troubles, s’ajoutent les problèmes liés à l’absence d’éducation ou à l’extrême difficulté pour les enfants de suivre des études. Le rapport pointe ainsi la perte du « sens de l’avenir » chez de nombreux enfants. (XS)

07/03/2017 16:21