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Monde \ Science et Ethique

L'île de Madagascar frappée par un violent cyclone

Le souffle du cyclone Enawo sur les côtes malgaches, le 7 mars 2017. - AP

09/03/2017 18:17

(RV) Au moins 6 morts, des milliers de sinistrés et de déplacés : c’est le bilan, encore provisoire, du cyclone Enawo, dont les vents violents ont balayé Madagascar ces dernières 48 heures. Le phénomène a perdu en intensité, mais a provoqué d’importants dégâts. C’est un nouveau coup dur pour la Grande île, qui pâtit depuis des mois d’une forte sècheresse.
 
Manuella Affejee


 


Enawo a traversé Madagascar, mais c’est le nord-est de l’ile qui a subi le plus de dégâts, avec des pluies torrentielles et des rafales soufflant à plus 300 km/h. Routes coupées, glissements de terrain, lignes de communication interrompues, toitures des maisons arrachées, plantations de vanille détruites… La mer, qui est entrée dans les terres sur une centaine de mètres de largeur par endroit, charrie désormais du bois et des cadavres d’animaux. Enawo a été reclassée dépression tropicale sur terre, mais des vents violents continuent de souffler, et les pluies de s’abattre sur Madagascar. Tous les aéroports du pays restent fermés jusqu’à nouvel ordre.

Les informations parviennent difficilement au Bureau national de gestion des risques et catastrophes, qui commence à planifier les opérations d’urgence. On compte pour le moment 12 000 sinistrés, mais selon la Croix-Rouge, ce seraient à terme quelque 700 000 personnes qui seraient affectées par Enawo, le plus puissant cyclone que l’ile ait connu depuis 2012. C’est donc un nouveau coup dur pour les Malgaches, déjà confrontés depuis plusieurs mois à une grave sécheresse, laquelle a fait flamber le prix du riz, l’aliment de base, et a provoqué de graves pénuries alimentaires, notamment dans le sud.

L'appel du père Pedro

Le père Pedro Opeka, religieux argentin en mission à Madagascar depuis plusieurs années, et que nous avions interviewé il y a quelques semaines à l'occasion de la visite du cardinal Parolin, a lancé cet appel sur Facebook : 

«Le cyclone est entré dans la nuit du 7 mars dans l’Ile par le nord-est et a traversé ensuite de nord au sud tout Madagascar. La région la plus touchée c’est Le SAVA puisque le cyclone entrant avec toute sa furie en terre ferme par Antalaha et Maroantsetra, les rafales de vent étaient estimées à 300 km/h. Ensuite des rafales de vent à 200 km/h et dans le haut plateau les rafales ont diminué à 80 km/h. La Région de SAVA a été détruite, on parle à 80 %. Pour la région d’Antananarivo beaucoup de pluie et cela a créé des glissements de terrain et la destruction d’habitations déjà très fragiles et précaires dans les bas quartiers d’Antananarivo.

Des milliers de familles sinistrées se sont réfugiées dans les écoles et les grandes salles de sport, mais là il n’y avait absolument rien pour les aider, des lieux vides. Tous ont emmené les affaires personnelles qu’ils avaient pu sauver.

Cela veut dire que rien n’est prévue pour de telles catastrophes, on donne juste un lieu plus sûr pour dormir, c’est tout. L’eau potable et les sanitaires font grand défaut aux sinistrés dans tous ces lieux de réception. Nous manquons gravement encore d’un sens des plus élémentaires dans les prévisions des catastrophes naturelles et rien n’est prévu pour aider les plus fragiles et les plus pauvres de notre pays !

Pour le moment il faut attendre les informations qui vont monter à la Capitale pour en savoir davantage sur les dégâts sur toute l’étendue de l’Ile, qu’a provoqué le Cyclone Enawo. Il faut savoir que Madagascar est déjà sinistré sans les cyclones. Mais quand les cyclones réels arrivent sur l’Ile, alors la situation devient dramatique.

Dans nos villages Akamasoa nous avons eu pas mal de dégâts, des murs de soutènements qui se sont écroulés, des toits de maison endommagés, des latrines et douches qui se sont effondrés, de même beaucoup de poteaux électriques sont tombés à terre et sont en plus dangereux surtout pour les enfants qui peuvent être électrocutés.

Une grande partie des familles d’Akamasoa vivent de ce qu’ils gagnent chaque jour. C’est pour cela que les femmes sont allées travailler aujourd’hui dans la carrière même sous la pluie. Il faut voir le courage de ces femmes, nous ne pouvons pas rester indifférents et insensibles. Moi-même j’ai été ému ce matin en voyant ce courage de ses mères de familles. Quand je leur ai dit de rentrer à la maison elles m’ont répondu: «et qu’est qu’on va donner à manger à nos enfants ?». Aider de telles mamans c’est un acte de compassion et de justice naturel.

Malheureusement il faut un cyclone comme Enawo, qui fait des morts, des destructions massives et dramatiques pour que l’opinion internationale éventuellement s’occupe de Madagascar et son peuple plein de joie de vivre. Cette population stagne dans une pauvreté qui nous pousse à nous insurger contre les égoïsmes et les injustices faites aux plus pauvres des pauvres. Par amour et par compassion aidons surtout les enfants qui sont si nombreux dans cette précieuse Ile de Madagascar.

Je souhaite de tout cœur que cet appel au secours en faveur des victimes du cyclone Enawo soit entendu en France et ailleurs par les personnes généreuses et sensibles à la détresse des autres. En tant qu’humain et ensuite en tant que croyant nous ne pouvons pas rester indifférents, c’est pourquoi je me joins à toutes les personnes de bonne volonté pour affirmer tout appel au secours à ceux qui nous tendent la main pour être secouru et qui vivent dans des situations inhumaines. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés quand nos frères souffrent et manque de tout, un toit, l’eau potable, du riz, des couvertures, des vêtements et des médicaments.

Mais la façon la plus pratique, vite et directe d’aider c’est d’envoyer une aide financière, puisqu’envoyer des aides par container n’ arriveront que trop tard avec tous les ennuis qu’on connait à la douane. C’est formidable de voir la foi et la fraternité traduit en acte !
Que Le Seigneur bénisse tous ceux qui vont adhérer et tous ces frères et sœurs, qui vont porter secours à leur prochain !
Vive la Fraternité et vive le partage !
Père Pedro.»

Toutes les indications pour effectueur des dons sont à retrouver sur ce lien : http://www.madagascar-association.fr/accueil/donation/

(CV-MA)

 

09/03/2017 18:17