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Monde \ Société

Bulgarie: les migrants sont rejetés déplore la Caritas

Des migrants d'un centre bulgare font la queue pour acheter de la nourriture le 25 novembre 2016. - AFP

10/04/2017 17:35

(RV) Moins médiatisée que la situation hongroise, la gestion des migrants en Bulgarie inquiète de plus en plus. Le gouvernement bulgare a annulé fin mars 2017 un décret prévoyant notamment une prise en charge financière des réfugiés par l’État. Après les élections législatives, le conservateur Boïko Borissov doit trouver des alliés et négocie avec les partis nationalistes hostiles aux migrants et au financement de leurs dépenses de santé. Le ministre des politiques sociales a ainsi assuré samedi 8 avril que le nouveau décret ne conférera pas aux réfugiés de nouveaux «privilèges» aux dépend des Bulgares.

Dans ce contexte, le secrétaire général de la Caritas de Bulgarie Emanuil Patashev a dénoncé le double discours du gouvernement. «En Bulgarie, la question migratoire est dans une impasse, a-t-il expliqué à l’agence Sir. Sur le papier le pays a pris des engagements en ce qui concerne l’accueil et l’intégration des réfugiés mais en réalité les autorités ne font rien ». Selon lui, l’État est plus préoccupé par la construction d’un mur à la frontière turc, pour réduire le flot des réfugiés, que par le sort de ceux qui sont déjà arrivés, qu’il laisse aux soins des ONG.

La Caritas a ainsi ouvert en février dernier dans la capitale Sofia un centre d’assistances pour les migrants. «Nous les aidons en tout: à obtenir leurs papiers, à trouver une maison, à apprendre la langue bulgare, à chercher du travail», poursuit Emanuil Patashev. Il déplore cependant une opinion publique frileuse: «Les bulgares ont une peur infondée. Si nous avons beaucoup de bénévoles, y compris non catholiques, qui aident les migrants, personne ne veut louer sa maison aux réfugiés, même à Sofia. Et dans les petites villes la situation est encore pire.»

D’après l’agence Belga, deux familles syriennes dotées du statut de réfugié ont dû quitter les localités où elles étaient installées après avoir rencontré une vive opposition de la population sur fond de campagne électorale ces derniers mois. Des parents d'élèves auraient également chassé deux mineurs Afghans non accompagnés inscrits à l'école dans le sud du pays. Selon des chiffres du gouvernement bulgare, le nombre de réfugiés et de migrants a été divisé par deux ces six derniers mois. La Bulgarie est l'un des passage de la «route des Balkans», employée par les migrants souhaitant se rendre en Europe.

(SBL, avec Agences)

10/04/2017 17:35