Social:

RSS:

App:

Radio Vatican

La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde

Autres langues:
Lire l’article Accéder au menu

Monde \ Société

Lynchage collectif d'un étudiant pakistanais accusé de blasphème

Le père du jeune pakistanais assassiné pour blasphème a espéré durant l'enterrement que ce meurtre «permettrait aux gens de réaliser que tuer un innocent est un pêché». - AFP

15/04/2017 14:59

(RV) Huit Pakistanais ont été inculpés samedi 15 avril 2017 pour le meurtre et le lynchage d’un jeune étudiant accusé de blasphème trois jours plus tôt. Les faits se sont déroulés dans une université de Mardan, au nord-ouest du Pakistan. Alors que le mois dernier le Premier ministre Nawaz Sharif avait ordonné le retrait de tous les contenus blasphématoires des réseau sociaux, deux étudiants en journalisme ont été accusés d’avoir publié sur Facebook des statuts défendant l’ahmadisme, une branche de l’islam rejetée par l’orthodoxie musulmane.

Le premier étudiant aurait été frappé par la foule avant d’être sauvé par la police. Le second, Mashal Khan, aurait été sorti de sa chambre, dénudé, blessé par balle et poussé du deuxième étage de sa résidence universitaire. Des vidéos montrent des dizaines d’hommes jetant des projectiles et tabasser le corps à terre, sans que l’on sache si le jeune étudiant était encore en vie ou non. La police, dont certains éléments ont assisté à la scène sans réagir, a ensuite indiquée qu'aucun document blasphématoire n'avait été retrouvé ni dans la chambre de Mashal Khan, ni sur les réseaux sociaux.

Vendredi 14 avril, à l’enterrement du jeune homme, son père a espéré que ce meurtre «permettrait aux gens de réaliser que tuer un innocent est un pêché». Selon le ministre régional de l’Information de la province , le gouvernement aurait demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire. «Huit étudiants ont été présentés devant un tribunal antiterroriste de Mardan pour meurtre et atteinte à l’autorité de l’État», a pour sa part déclaré un procureur, précisant que quatre autres avaient été arrêtés samedi. Le Premier ministre Nawaz Sharif a publié un communiqué pour condamner l'assassinat.

Si la loi anti-blasphème est critiquée par les défenseurs des droits de l’homme, elle est soutenue par une partie de la population qui n’hésite pas à se faire justice elle-même. Depuis 1990, au moins 65 personnes ont été assassinées par de milices les accusant de blasphème.

(SBL, avec agences)

15/04/2017 14:59