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François \ Activités

Le Pape invite les jeunes à rejeter la destruction pour renouer avec la douceur

Le Pape rencontre des jeunes italiens, ce samedi 6 mai 2017, en salle Paul VI. - AFP

06/05/2017 17:30

(RV) Ce samedi 6 mai, en salle Paul VI au Vatican, le Pape a invité 7 000 jeunes à prendre leur courage à deux mains pour lutter contre la culture de la destruction qui frappe notre monde ; une cruauté visible chaque jour à la télévision. Il faut la dénoncer clairement, mais aussi voir ce qui va bien, a affirmé le Pape aux jeunes réunis par la Coordination italienne des organisations locales pour la paix et les droits humains, un programme soutenu par le ministère italien de l'Education nationale. Le compte-rendu de Marie Duhamel



Guerres, hôpitaux bombardés, noyade en méditerranée. Mais «que se passe-t-il ?», demande une jeune adolescente au Pape. Une interrogation comme «une prière», ou un «signal d’alarme». La cruauté a existé de tout temps, on le voit avec Caïn qui tua son frère Abel, mais aujourd’hui la destruction est visible chaque jour à la télévision, et c’est aussi un peu notre faute, explique le Pape, car nous sommes attirés par la destruction. Pourtant, poursuit François, Dieu a créé l’homme et la femme pour construire, aller de l’avant et vivre en paix. «J’ai honte, s’exclame-t-il, quand on parle d’une 'mère de toutes les bombes'. Une mère cela donne la vie, non la mort». Il faut rester inquiet, mais sans jamais oublier, souligne-t-il, que tant de bonnes choses existent. Tellement de personnes donnent leur vie pour les autres, comme cette religieuse de 84 ans, infirmière depuis ses 23 ans croisée en République Centrafricaine. Comme elle, le Pape invite les jeunes à «emprunter le chemin de la construction».

Le dieu-argent se nourrit des trafics

Pourquoi tant de responsables politiques ne vont pas jusqu’au bout de leurs promesses de paix ? Parce que l’être humain n’est plus central, mais que le 'dieu argent' l’est, répond François. Plusieurs trafics le font croitre : celui des armes qui peuvent servir légitimement à se défendre, mais pas à nourrir des conflits et des morts ; celui de la drogue qui détruit le cerveau des jeunes ; celui des êtres humains, des femmes et des enfants, ici aussi en Europe. Le Pape dénonce également l’exploitation que représente le travail au noir. 

La responsabilité des jeunes et des enseignants

Qu’y peuvent les jeunes écoliers ? Parler clairement et ne pas avoir peur de le faire, ni d’aider les autres. Ils leur faut également étudier avec sérieux. Pour ne pas être à leur tour contaminés par un terrorisme des mots, et par ces insultes qui blessent l’autre comme une bombe, le Pape les invite à se mordre la langue et à renoncer à l’usage abusif d’adjectifs, à cultiver enfin une valeur qu’il faut réapprendre : la douceur. Le Pape plaide pour un nouveau pacte éducatif. Quand un enfant se fait gronder par un professeur, souligne-t-il, trop souvent des parents viennent s’en plaindre à l’école. François souhaite que les parents, les enseignants et la société s’unissent «au service de l’enfant».

Dialogue et débat présidentiel

Le Pape défend donc la douceur, mais également l’écoute et le dialogue respectueux. «Ce n’est plus le Pape qui parle», prévient-il, «on m’a rapporté la teneur d’un débat télévisé pré-électoral où les deux candidats se sont jeté des pierres». Mais «où était le débat ? On ne laissait pas l’autre finir». François ne l’a pas suivi, mais s’alarme du fait que de hauts responsables en arrivent là. «Lorsqu'on arrive à ce point à ne pas savoir dialoguer, le défi d'apprendre à dialoguer est un défi très grand et il vous revient, a expliqué le Pape aux jeunes.

Enfin, interrogé par une jeune toscane sur la protection de la Création, le Pape a, une nouvelle fois, dénoncé le consumérisme, l’exploitation de la terre, les expériences chimiques sur les végétaux et les animaux, les pommes dont on doit enlever la peau sous peine d’avaler des pesticides, les poulets d'abatage que les mères n’osent plus donner à manger à leurs enfants ou encore tous ces sacs plastiques polluant la Méditerranée. «On ne salit pas la planète, réaffirme-t-il, on la détruit». François ne se résout pas à ce constat et appelle chacun à ne pas se contenter de la désillusion et de la résignation. «C’est une parole interdite !», explique le Pape, avant de pousser les jeunes à réagir avec créativité.

(MD)

06/05/2017 17:30