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Monde \ Politique

Retrait américain de l'accord de Paris : quelles sont les motivations de Trump?

Des militants de Greenpeace protestent contre la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris sur le climat. - EPA

02/06/2017 15:11

(RV) Entretien - Après avoir longtemps entretenu le suspense, Donald Trump a annoncé la sortie de l'accord de Paris sur le climat, isolant les Etats-Unis sur la scène internationale et semant la consternation parmi les 194 autres pays signataires de ce texte historique.

«J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris», a lancé le président américain, élu en novembre sur la promesse de mettre l’Amérique au premier plan, «America first». Lors d’une intervention longue et parfois confuse dans les jardins de la Maison blanche, Donald Trump a mis en avant la défense des emplois américains et dénoncé un accord «très injuste» pour son pays, le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine. Sans expliquer comment, ni sur quel point changer la donne, Donald Trump a affiché sa volonté de négocier un «nouvel accord» ou de renégocier l'accord existant.

Quelles sont les motivations de Donald Trump ? Quelles sont les conséquences de sa décision unilatérale ? Giulia Bondi, responsable du plaidoyer climat à la CIDSE, la Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité, une alliance de 17 ONG catholiques de développement européennes et nord-américaines répond aux questions de Marie Duhamel :

Les Etats-Unis se retirent donc de l’accord de Paris. Les réactions ne se sont pas faites attendre. De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont immédiatement organisé la résistance, promettant qu'au niveau local, l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte. 

Les évêques américains  ont dénoncé une décision «profondément inquiétante» en mesure de «faire du mal à la population des Etats Unis», notamment les plus pauvres.

Dans le monde, la France, l’Allemagne et l’Italie ont été les premières puissances à réagir, réaffirmant leurs engagements dans une déclaration commune. Dans un message vidéo, le président français juge que son homologue a «commis une faute pour l'avenir de notre planète», car «il n'y a pas de planète B». S'adressant en anglais aux Américains, Emmanuel Macron les a appelés à «rendre sa grandeur à notre planète», «Make our planet great again», paraphrasant le slogan de campagne de Donald Trump.

L’Union européenne, le Canada, l’Argentine, les îles du Pacifique et l’ONU déplorent cette décision américaine. Et c’est enfin la Chine, premier pollueur de la planète et premier investisseur dans le renouvelable, qui entend jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. Ce vendredi, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères promet que son pays appliquera l'accord de Paris, jugeant que «les parties prenantes doivent chérir ce résultat chèrement gagné». Le gouvernement chinois «prendra des mesures concrètes» en réponse au changement climatique. «Nous tiendrons sincèrement nos obligations», a-t-elle affirmé.

L'accord de Paris, conclu fin 2015 et dont le prédécesseur démocrate de Donald Trump, Barack Obama fut l'un des principaux architectes, vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale «bien en deçà2 de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle».

(MD-MA avec AFP)

02/06/2017 15:11