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Eglise \ Vie de l'Eglise

L'hospitalité chrétienne, «essentielle» vers Saint-Jacques-de-Compostelle

Des pèlerins marchent près de Conques, sur les routes de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. - AFP

13/07/2017 19:14

(RV) Les évêques français et espagnols dont les diocèses sont traversés par les routes de Saint-Jacques-de-Compostelle se sont réunis les mardi 11 et mercredi 12 juillet 2017, après avoir parcouru à pied la dernière étape du parcours. Dans une lettre pastorale intitulée «Accueil et hospitalité sur le chemin de Saint-Jacques», ils reviennent sur le sens de cette attitude et sur le rôle des hôtes.

«Les lieux d’accueil ne sont-ils pas les vrais espaces de communion de l’Église, l’endroit privilégié de la rencontre entre deux cœurs qui se cherchent mutuellement ? Celui de Dieu qui cherche l’homme, et celui de l’homme à qui manque l’essentiel, son désir de plénitude», s’interrogent d’abord les évêques.

Amour de l’étranger

Ils rappellent que l’hospitalité, «tradition ancrée à toutes les époques et dans toutes les civilisations» est par son terme grec philo-xenia, l’«amour de l’étranger». Ainsi, face à un voyageur «dont on ne sait rien», l’»hospitalité n’est pas le questionner, le juger, mais seulement l’accueillir, lui donner à boire et à manger, un lit, de l’argent pour le voyage, des mots d’encouragement et d’orientation». «L’hospitalier chrétien n’est ni un journaliste ni un psychologue» mais un témoin de l’espérance, estiment encore les évêques. Pour eux, il ne devra pas hésiter à témoigner de sa foi en écoutant le pèlerin, «si celui-ci désire parler», afin de l’amener progressivement «à méditer, à se retrouver lui-même, à découvrir Dieu en son for intérieur».

En s’interrogeant sur la spécificité de l’hospitalité chrétienne, les évêques reviennent aux écritures. De prescription importante mais «comme les autres» dans l’Ancien Testament, l’accueil en vient à incarner avec le Christ les «prémices de l’amour du prochain en devenant vertu de charité». Le présence chrétienne sur le chemin est donc «essentielle» pour conserver la tradition religieuse du pèlerinage mais aussi pour «y être des témoins actifs» de Jésus. «N’est-on pas là en fait sur un terrain privilégié d’évangélisation, grâce à l’accueil personnel, l’offre culturelle et la liturgie sacramentelle ?»

Devenir les «maisons-témoins» de l’Église

Les évêques précisent les modalités concrètes de cet accueil dans ces différentes dimensions. Les signes extérieurs de l’hospitalité chrétienne doivent être «visibles dans les gîtes sans être exagérés», tout comme les guides du chemin, les guides locaux, l’annonce des fêtes locales et les informations relatives à la ville de Saint-Jacques de Compostelle. Une attention particulière doit aussi être apporté aux sanctuaires et églises sur le chemin, afin qu’ils puissent être des lieux de «ressourcement».

La lettre pastorale évoque également l’hospitalité dans les maisons religieuses et les monastères, ainsi que la question financière, recommandant le donnativo (libre participation aux frais) ou un prix «extrêmement accessible». Les évêques souhaitent que tous ces conseils aident les hospitalités chrétiennes, «parfois véritables "hôpitaux de campagne", selon l’expression du Pape François», à devenir «les "maisons-témoins" de l’Église, où souffle l’Esprit de paix, l’Esprit de joie et d’amour».

(SBL)

13/07/2017 19:14