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Monde \ Société

Malaisie : un effort interreligieux contre la traite humaine

Une opération de police contre un réseau d'esclavage à la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie, en 2015. - AP

10/08/2017 17:25

(RV) Dimanche 30 juillet, dix responsables religieux ont signé une Déclaration commune contre la traite des êtres humains. Une initiative de l’archidiocèse de Kuala Lumpur, à l’occasion de la journée mondiale des Nations Unies contre la traite des êtres humains.

«Nous pensons souvent que la traite des êtres humains n’a lieu qu’à l’étranger […]. Nous croyons que c’est un problème éloigné. La traite des êtres humains prend des formes diverses et aujourd’hui des millions de personnes en sont victimes, partout dans le monde. Des hommes, des femmes, des enfants, et même des personnes âgées. La triste réalité est que ce trafic se déroule aussi ici en Malaisie. Dans notre Etat, dans notre ville, et même dans notre voisinage. Quelle réponse apportons-nous à ce crime contre l’humanité ?» interroge Mgr Julian Leow, archevêque de Kuala Lumpur, dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et annonçant la signature d’une Déclaration interreligieuse contre la traite des êtres humains, relayée par Églises d'Asie, l'agence d'information des Missions Étrangères de Paris..

Les minorités religieuses représentées

Dimanche 30 juillet, dix responsables religieux ont répondu à l’appel lancé par Mgr Leow et signé la Déclaration interreligieuse contre la traite des êtres humains, lors d’une cérémonie organisée à l’archidiocèse de Kuala Lumpur.

La Déclaration rappelle que «l’exploitation physique, économique, sexuelle et psychologique d’une personne, pour le profit, le bénéfice et le plaisir d’une autre, va à l’encontre de la conviction fondamentale selon laquelle les hommes sont égaux et disposent de la même liberté et de la même dignité.»

Parmi les signataires figuraient des représentants du bahaïsme, du bouddhisme, du christianisme, de l’hindouisme, du sikhisme et du taoïsme. L’actuel Mufti de la Fédération de Malaisie, le Dr Zulkifli Mohamad Al-Bakri, absent, a fait part de son soutien à cette démarche. En janvier 2016, il avait reçu la visite de Mgr Leow, une rencontre qu’il avait qualifiée d’«historique». Le cardinal Soter Fernandez et Mgr Tan Sri Murphy Pakiam, archevêque émérite de Kuala Lumpur, ont assisté à la cérémonie, aux côtés de représentants d’organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre ce fléau.

Dans son dernier rapport annuel sur la traite des êtres humains, le département d’Etat américain plaçait la Malaisie au niveau 2, ce qui signifie que le gouvernement de ce pays avait entrepris des «efforts significatifs» pour se conformer aux normes minimales de la loi sur la protection des victimes de la traite sans y parvenir pleinement. Selon The Global Slavery Index 2016, 128 800 personnes vivent en situation d’esclavage moderne en Malaisie. 

Une initiative qui rejoint les appels du Pape

Le choix de la date du 30 juillet pour la cérémonie de signature ne doit rien au hasard : depuis 2005, les Nations Unies organisent ce jour-là la Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d'êtres humains. À l’occasion de celle-ci, le pape François a dénoncé une «plaie aberrante»«Chaque année, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont les victimes innocentes d’exploitation sexuelle, de travail forcé et de trafic d’organes. Nous semblons si habitués à cela que nous considérons ça comme une chose normale. C’est horrible, cruel, criminel !» s’est indigné le Saint-Père.

Depuis le début de son pontificat, le Pape a multiplié les appels et les initiatives pour que les responsables politiques, associatifs et religieux s'engagent dans une lutte cohérente contre la traite humaine.

(CV avec Églises d'Asie)

10/08/2017 17:25