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Eglise \ Vie de l'Eglise

Les évêques du Nigeria s'inquiètent des risques de guerre civile

Le convoi du président Buhari, de retour à Abuja le 19 août 2017 après trois mois d'hospitalisation au Royaume-Uni. - REUTERS

23/08/2017 19:05

(RV) «Il faut arrêter de battre le tambour de guerre»: c’est le titre de la déclaration signée par Mgr Ignatius Ayau Kaigama, l’archevêque de Jos, et par Mgr William Amove Avenya, évêque de Gboko, respectivement président et secrétaire de la conférence épiscopale du Nigeria, qui, au nom de tous les évêques nigérians, expriment leur forte préoccupation pour leur État fédéral, traversé par de fortes tensions ethniques, sécessionnistes et sociales 50 ans après le déclenchement de la guerre du Biafra (1967-1970).

Justement en faisant référence à ce conflit, les évêques préviennent qu’il faut tirer les leçons «de la tragique expérience de la guerre civile, avec la destruction d’un grande nombre de vies et de propriétés, et dont les effets peuvent encore se faire sentir de nos jours», pour éviter que les tensions actuelles ne dégénèrent en une nouvelle tragédie nationale.

«Dans les deux dernières années, la vie nationale nigériane a vu l’augmentation des agitations ethniques et régionales, qui se sont ajoutées aux précédentes tensions politiques, religieuses, ethniques et sociales». Ces tensions «tracent le cadre d’une nation agitée dans laquelle diverses composantes de la populations se sentent exclues et marginalisées», regrettent-ils.

Parmi les exclus figurent de nombreux jeunes. «Ce n’est un secret pour personne que la situation du Nigeria n’apparaît pas comme prometteuse pour les jeunes générations», affirme le document, qui dénonce «l’avidité et la corruption de notre classe politique plus âgée, qui continue à provoquer de la colère et du dédain parmi les jeunes. La démocratie est renforcée quand la classe politique, l’élite et les personnes âgées rejoignent un consensus pour garantir la cohésion nationale et un sens d’appartenance inclusif pour tous.»

«Ceux qui se sentent marginalisés ou opprimés» doivent toutefois éviter d’exprimer «des déclarations incendiaires qui menacent l’unité et la survie du pays», martèlent les évêques. «La guerre est un vent malade qui n’amène aucun bénéfice à personne. Nous devons nous engager dans des formes plus constructives de communication et de dialogue à l’intérieur d’un cadre démocratique qui repousse les préjugés, l’intolérance ou l’exhibition d’un sens de supériorité sur les autres», concluent-ils.

(CV avec Fides)

23/08/2017 19:05