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Eglise \ Vie de l'Eglise

L'Église belge demande pardon pour son attitude durant l'Occupation

Le cardinal de Kesel en l'église des saints Jean et Paul, à Rome, le 25 mars 2017.

08/09/2017 17:42

(RV) L'archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel, a demandé pardon, le 3 septembre 2017, pour l'attitude de l’Eglise belge pendant l’occupation nazie. Le cardinal s'exprimait à l'occasion du 75ème anniversaire des rafles contre les juifs à Bruxelles et Anvers.

Entre août et septembre 1942, près de quatre mille juifs installés en Belgique avaient été arrêtés puis déportés vers les camps de concentration. L’association pour la Mémoire de la Shoah a organisé une commémoration dans le quartier des Marolles, à Bruxelles. Dans ce quartier populaire de la capitale belge, où de nombreuses familles juives n’ayant pas la nationalité belge étaient installées, 718 personnes avaient été arrêtées la nuit du 3 au 4 septembre 1942 pour être déportées vers Auschwitz.

Dans son allocution, l’archevêque de Malines-Bruxelles a évoqué le «prosélytisme malsain des baptêmes à tour de bras», célébrés dans l’Église à l’époque. Des conversions souvent dues «aux demandes des parents qui pensaient protéger leurs enfants». «Nous voudrions demander pardon pour ce qui s’est apparenté, dans un certain nombre de cas, au viol de conscience et à l’abus de faiblesse», a regretté le cardinal De Kesel. «Cette première reconnaissance officielle par le plus haut dignitaire de la religion catholique en Belgique était importante», estime Michel Lussan, membre de l’association pour la Mémoire de la Shoah.

Le cardinal a cependant aussi rappelé que de nombreux enfants juifs ont été cachés dans des institutions chrétiennes: «Au milieu de cet enfer, des réseaux de solidarité vont permettre à des enfants, des 'ketjes' juifs, d’échapper à la déportation. Dans la tourmente, des parents confieront aussi de façon privée leurs enfants à des personnes non juives. Certaines paieront de leur vie leurs actes de courage. (…) D’autres laisseront leurs enfants à des institutions catholiques, comme ce couvent de Bruxelles-Anderlecht qui abritera pour un certain temps des fillettes. Nombre de prêtres vont se lancer aussi dans des actions de sauvetage, parfois au péril de leur vie.»

75 ans après, «nous osons commencer à regarder, à penser les conséquences dramatiques de la Shoah et entreprendre un travail de mémoire vraie, c'est-à-dire qui se refuse aux justifications, aux minimisations et aux explications déresponsabilisantes», a expliqué l'archevêque de Malines-Bruxelles.

(CV avec cath-ch et Cathobel)

08/09/2017 17:42