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Eglise \ Vie de l'Eglise

Pédophilie : le cardinal Barbarin devant la justice en avril 2018

Le cardinal Barbarin en avril 2017 au Vatican - AFP

19/09/2017 17:35

(RV) Entretien – Le cardinal Philippe Barbarin devra s’expliquer devant la justice française. L’archevêque de Lyon sera jugé pour ne pas avoir dénoncé les agressions pédophiles du père Bernard Preynat. Ce prêtre du diocèse de Lyon a été mis en examen en 2016 pour avoir abusé sexuellement de nombreux scouts de la région, il y 25 ans. Le cardinal Barbarin sera donc cité à comparaitre du 4 au 6 avril 2018. Cette date a été fixée ce mardi 19 septembre 2017 lors d’une audience formelle au Tribunal correctionnel de Lyon. Il y a un an pourtant, l’enquête pour non-dénonciation avait été classée sans suite.

Hélène Destombes a recueilli la réaction du père Yves Baumgarten, vicaire général modérateur du diocèse de Lyon

Le cardinal Barbarin comparait devant la justice car certaines victimes du père Preynat, réunies au sein du collectif « la Parole libérée », ont eu recours à une procédure peu habituelle, celle de la citation directe. Une enquête avait déjà été menée pour non-dénonciation et omission de porter secours. Mais le parquet de Lyon avait estimé qu’il n’y avait pas eu d’infraction, ni de « péril imminent » pour les victimes, vu l’ancienneté des faits.

Les victimes ont cependant refusé d’en rester là. Avec cette citation directe, qui s’appuie en réalité sur des éléments de l’enquête déjà effectuée, elles disent vouloir sensibiliser l’opinion sur les questions d’abus sexuels et susciter un débat juridique sur les notions de non-dénonciation et de prescription.

Les victimes reprochent ainsi à l’archevêque de Lyon de ne pas avoir dénoncé les agissements du père Preynat, et surtout de l’avoir laissé en poste dans une paroisse au contact d’enfants, ce dont se défend le Primat des Gaules. Il a reconnu que le comportement douteux du prêtre lui avait été rapporté en 2007-2008, mais sans aucun fait précis à l’appui, et ce n’est qu’en 2014 qu’une victime du père Preynat se confie à lui. Mgr Barbarin estime donc n’avoir rien couvert mais a toutefois confessé un manque de réactivité face à la blessure des victimes.

Le prêtre pédophile est, quant à lui, aujourd’hui sous le coup d’une procédure civile. Un procès canonique a également été ouvert, mais il a été suspendu à la demande du cardinal Barbarin, pour respecter justement l’instruction civile en cours.

Outre le cardinal Barbarin, sont citées à comparaitre six autres personnes, dont le vicaire épiscopal Xavier Grillon, ancien supérieur hiérarchique du père Preynat, l’archevêque d’Auch, Mgr Maurice Gardès ou encore Mgr Luis Ladaria Ferrer, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

(XS-HD-MA)

19/09/2017 17:35