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La Grégorienne accueille un congrès sur les mineurs et le monde digital

Le cardinal Parolin lors de son intervention au congrès organisé à la Grégorienne, le 3 octobre 2017. - AP

04/10/2017 10:28

(RV) À Rome, un congrès sur «la dignité des mineurs dans le monde digital» rassemble à l’université pontificale Grégorienne, plus de 140 experts, universitaires, dirigeants politiques, religieux et membres de la société civile, qui seront reçus par le Pape François ce jeudi 6 octobre, au terme de leurs travaux, ouvert ce mardi 3 octobre par le Secrétaire d’Etat du Saint-Siège.

«Aujourd’hui nous nous rendons compte, de manière toujours plus manifeste, que la plaie des offenses à la dignité des mineurs, comme de nombreux problèmes actuels, transite et s’adapte continuellement aux nouvelles dimensions du monde digital, il le détourne et s’installe dans ses méandres et dans ses couches cachées et profondes. Le monde digital n’est pas une zone séparée du monde : c’est une dimension de notre unique monde réel, et les mineurs qui y grandissent sont exposés à de nouveaux risques, ou plutôt à d’anciens risques qui s’expriment d’une manière nouvelle, et la culture de protection des mineurs que nous souhaitons divulguer doit être à la hauteur des problèmes d’aujourd’hui». Outre ce constat préalable, le cardinal Parolin souligne - ce que répète souvent le Pape-  que les formes d’abus et de violence se multiplient et sont intrinsèquement liées : trafic, enfants-soldats, absence d’éducation, pauvreté et faim. «Dans toutes ces situations, l’horrible réalité des abus sexuels est pratiquement toujours présente».

Conscients de l’importance de protéger les enfants d’aujourd’hui, qui «toujours plus jeunes» ont un accès toujours plus importants aux nouvelles technologies de communication, ces experts ont décidé de «dialoguer pour s’efforcer de reprendre le contrôle du développement du monde digital afin qu’il soit au service de la dignité des mineurs, et ainsi de l’entière humanité de demain», s’est félicité le Secrétaire d’État du Saint-Siège. Or, l’expérience confirme que «là où il y a un effort cohérent et continu, les fruits qui en résultent sont positifs et encourageants» a-t-il dit, encourageant les personnes «compétentes et méritantes» à poursuivre et approfondir leurs efforts «avec clarté et fermeté» afin que la dignité et les droits des mineurs soient protégés et défendus «avec plus d’attention et d’efficacité que par le passé».

Dans son intervention, le cardinal Pietro Parolin a souligné la responsabilité de chacun, mais en particulier des entreprises qui promeuvent le développement du monde digital. Ils sont responsables de ces «centaines de millions d’enfants et de jeunes qui grandissent dans un monde digital dans un contexte sous-développé» où leurs parents et éducateurs ne seront pas culturellement équipés pour les accompagner et les aider à grandir, tandis que leurs dirigeant, souvent, ne savent pas où commencer pour les protéger. Il faut aussi prendre soin des enfants qui grandissent dans les sociétés considérées comme riches mais spirituellement et humainement pauvres, une autre périphérie. «Ce n’est pas un hasard si les mineurs de ces périphéries sont l’objet privilégié des réseaux d’exploitation et de violence organisée sur internet, et sur une échelle mondiale», a affirmé le prélat. Il souhaite que des efforts soient faits pour que les familles et les écoles qui restent «les garants d’une éducation saine», puissent être en mesure «d’accomplir leur devoir».

Le cardinal souligne enfin qu’abuser des enfants est non seulement un crime, mais aussi «un sacrilège» pour les chrétiens, «une profanation de ce qui est sacré, de la présence de Dieu en chacun de nous».

Parmi les coorganisateurs de cette conférence internationale,figure aussi la baronnesse anglo-américaine Joanna Shields, qui a été jusqu’en juin dernier ministre en charge de la sécurité sur internet dans le gouvernement britannique. Elle a fondé en 2014 "We Protect", une plateforme pilotée par le gouvernement britannique et réunissant 70 pays, des ONG et des compagnies du net pour contrer les crimes sexuels et l’exploitation des mineurs sur la toile. Au micro de notre collègue Philippa Hitchen, elle revient sur la genèse de son combat.

«En 2010, quand je dirigeais Facebook pour le Moyen-Orient et l’Afrique, on a commencé à travailler main dans la main avec le centre de protection des mineurs en ligne de Grande Bretagne, avec le FBI, et le ministère de la justice. Et c’est devenu évident qu’ils s’agissait d’un crime et d’un problème sans frontière. David Cameron a ainsi contacté le président Obama et ils ont mis en place une équipe de travail technologique pour s’attaquer à ce problème. Etats-Unis et Grande Bretagne ont donc décidé qu’il fallait être plus fort sur cette question. On a donc créé "We Protect", qui est en fait une plateforme commune où l’approche est transversale et on l’on fait face de manière globale à ces crimes. Tous, ONG, politiques et compagnies du web travaillent ensemble pour partager les informations, identifier les problèmes et les défis, mais aussi poursuivre les criminels au-delà des frontières, les amener devant la justice, et protéger les victimes.» 

(CV-MD)

 

04/10/2017 10:28