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Monde \ Politique

Kenya: une élection présidentielle sous haute tension

Manifestation à Nairobi des partisans de la Nasa, le parti d'opposition, le 11 octobre 2017. - REUTERS

13/10/2017 10:53

(RV) Entretien - Au Kenya, le gouvernement interdit les manifestations dans les principales villes du pays, Nairobi, Mombasa et Kisumu, en raison «d’une menace claire à l’ordre public». Ces derniers jours, des attaques contre des postes de police ou des civils et des scènes de pillage ont été observées lors de précédentes manifestations de l’opposition, toujours implacablement réprimées par les forces de l'ordre.

Après le retrait mardi 10 octobre de leur candidat, les soutiens de Raïla Odinga réclament dans la rue une annulation de la présidentielle du 26 octobre prochain, le temps de réformer la Commission électorale qu’il juge acquise au Jubilee, le parti au pouvoir, et permettre à terme la tenue d’un scrutin transparent.

Le 1er septembre dernier, il avait déjà obtenu gain de cause. Lorsque la Cour Suprême annulait  les élections du 8 août dernier, constatant des irrégularités lors de la transcription électronique des résultats. Chloé Josse-Durand est politologue à l’IFRA, l’Institut Français de Recherche en Afrique, basé à Nairobi.

Licenciement, cours de formation express… Dans cet entretien, Chloé Josse-Durand revient sur les quelques changements opérés au sein de la Commission électorale ces deux derniers mois, depuis l’annulation de la première présidentielle. Elle évoque la réforme en urgence de la loi électorale, sur l’impulsion du parti au pouvoir, et vivement critiquée par quatorze ambassadeurs occidentaux tant cette procédure accélérée «augmente inutilement les tensions électorales».

Il s’agit également de comprendre les motivations de Raïla Odinga, candidat du parti Nasa, d’annoncer son retrait. Yaura-t-il, comme il l’espère un report de la présidentielle, ou celle-ci sera-t-elle maintenue ? Le président sortant et candidat à sa succession Uhuru Kenyatta espère lui triompher sans vote, son rival s’étant retiré.

En tout cas, le report du scrutin et l’incertitude sur le maintien de l’élection le 26 octobre prochain provoque un climat de tension. Les opposants manifestent, la police réprime. Le 3 octobre dernier, l’Université de Nairobi a fermé, laissant 80 000 étudiants et 2 000 fonctionnaires désœuvrés. Le secteur économique est fébrile. On note une hyper inflation, les investisseurs se font plus rares et les petits commerces n’osent se réapprovisionner, tandis que les Kenyans font, eux, des réserves.  (MD)

13/10/2017 10:53