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Monde \ Culture

La Tunisie redevient un pays de transit des migrants

Des migrants secourus par les gardes-côtes tunisiens à Bizerte, le 12 octobre. - REUTERS

19/10/2017 15:59

(RV) Entretien - Les migrants sont de retour en Tunisie. Ils sont plus en plus nombreux à transiter par ce pays du Maghreb pour rejoindre l’Europe. Des Tunisiens, indique l’OIM, mais également des Ivoiriens et surtout des migrants étant parvenus à fuir la Libye, précise Mgr Ilario Antoniazzi, l’archevêque de Tunis.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations le nombre de départs clandestins de Tunisiens a beaucoup augmenté depuis l’été. 1 400 Tunisiens sont arrivés à Lampedusa en septembre contre 1200 en Italie en 2016.

Ils partent de nuit, car s’ils sont pris, ils écopent de deux mois de prison. Rome et Tunis ont signé un accord bilatéral qui prévoit le rapatriement des Tunisiens débarquant en Italie. Avec l’augmentation actuelle, les Tunisiens ne recevraient que des injonctions à quitter le territoire de la part des forces de police italienne, avant de disparaître.

Le 8 octobre dernier, au moins 8 migrants sont morts noyés dans le naufrage de leur embarcation qui a heurté un navire militaire tunisien au large de l’archipel de Kerkennah. 38 personnes s’étant jetées à l’eau avant la collision ont pu être sauvées, tous étaient des Tunisiens.

La mer après avoir fui l’enfer Libyen

Mais les Tunisiens ne sont pas les seuls à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe. L’Eglise par le biais notamment de la Caritas est de plus en plus sollicitée par des migrants qui y voient « leur seule espérance ». Ils viennent de Côte d’Ivoire, car il n’y a pas besoin de visa pour venir en Tunisie, et surtout de Libye, quand ils sont parvenus à s’échapper de camps où ils sont actuellement confinés, conformément à des accords signés par l’Italie avec des acteurs libyens depuis le mois de juin.

Ils racontent à l’Eglise le cauchemar que fut leur périple dans le désert, puis dans les camps. L’Eglise tente de leur apporter de l’aide. Elle se met à leur écoute pour partager leurs souffrances, leur donne l’argent permettant un retour, et tente de leur apprendre un métier pour qu’une fois rentrés chez eux, ils puissent travailler, accompagnés de la Caritas locale. Mais nombreux d’entre eux disparaissent du jour au lendemain, pour traverser la Méditerranée.

L’archevêque de Tunis invite l’Europe à la responsabilité, à accueillir les Africains, en se souvenant des erreurs de son passé colonial. (MD)

19/10/2017 15:59