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Monde \ Politique

Les mères de la place de Mai : 40 de lutte pour découvrir la vérité

Une des grands-mères de la place de Mai, le 19 octobre 2017 - EPA

31/10/2017 08:10

(RV) Entretien - C’est un des mouvements de défense des droits de l’Homme les plus emblématiques du siècle dernier, qui ne cesse d’inspirer en Argentine et ailleurs en Amérique latine. Les mères et grands-mères de la place de Mai, à Buenos Aires, en Argentine, célèbrent leur quarante ans de combat cette année. En 1977, quatorze femmes ont commencé à se retrouver place de Mai devant le palais présidentiel occupé par la junte militaire du général Videla depuis le reversement du gouvernement d’Isabel Perón, le 24 mars 1976. Denis Merklen est professeur à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine à l’université Sorbonne-Nouvelle, spécialiste de l’Argentine. Il revient sur l’origine de ce mouvement.

Les rassemblements étant interdis, bras dessus bras dessous, un foulard blanc sur la tête en signe de reconnaissance, elles se sont mises à tourner, toujours plus nombreuses, autour de la statue centrale de la place, réclamant des nouvelles de leurs enfants disparus. De très jeunes adultes, souvent âgés de moins de vingt ans, plus ou moins politisés et de tous bords. Les militaires les enlevaient en catimini, les torturaient et souvent les exécutaient. Un régime de la terreur que ces femmes ont combattu pour connaître la vérité sur le sort de leur enfants, et de leurs petits-enfants.

La dictature a fait près de 30 000 disparus, 15 000 fusillés, 9 000 prisonniers politiques, et 1,5 millions d’exilés. Grâce à la lutte et la patience des mères et grands-mères de la place de Mai, nombre des 500 bébés volés pendant les sept ans de dictature, ont été identifiés. Des dizaines d’entre eux ont retrouvé leur famille d’origine.

Malgré ses divisions internes, le mouvement reste fédérateur. En mai 2002, par exemple, un demi-million de foulards blancs se sont rassemblés place de Mai pour protester contre une décision de la Cour suprême permettant des réductions de peine de prison à d’anciens tortionnaires. (MD)

 

31/10/2017 08:10