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François \ Homélies à Sainte Marthe

Homélie du Pape à Sainte-Marthe : ne pas perdre la capacité de se sentir aimé

Le Pape François célébrant la messe à la maison Sainte-Marthe ce mardi 7 novembre 2017. - AP

07/11/2017 12:49

(RV) Le Pape François, au cours de la messe célébrée ce mardi 7 novembre 2017, en la chapelle de la maison Sainte-Marthe au Vatican, a invité à ne pas perdre la capacité de se sentir aimé, ce qui conduit à tout perdre; au contraire de la perte de la capacité d’aimer, qui peut se récupérer.

Pour cela, le Pape s’est appuyé sur l’Évangile du jour (Lc 14,15-24). Dans ce passage, Jésus est interpellé par un homme qui s’exclame: «Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu!». Le Seigneur lui répond alors par une parabole, conseillant à qui organise un repas d’inviter ceux qui ne peuvent donner de contrepartie.

Dans cette parabole, un homme donne un grand dîner et y invite beaucoup de gens. Mais les premiers invités refusent d'y aller car ils se désintéressent du dîner, des gens, de l’invitation du Seigneur : ils sont pris par leurs propres intérêts, plus grands que l’invitation. Certains évoquent des paires de bœufs à essayer, un champ à aller voir, un mariage récent. Ils se demandent ce qu’ils ont à y gagner, souligne le Pape. Ils sont «affairés», attachés à leurs intérêts au point d’un «esclavage de l’Esprit», c’est-à-dire d’être «incapables de comprendre la gratuité de l’invitation».

François met alors en garde contre cette attitude. «Si on ne comprend pas la gratuité de l’invitation de Dieu, alors on ne comprend rien. L’initiative de Dieu est toujours gratuite. Mais pour aller à ce banquet, combien faut-il payer? Mais le billet d’entrée est d’être malade, d’être pauvre, d’être pécheur! Voilà ce qui te laisse passer, voilà le billet d’entrée: être dans le besoin, que ce soit un besoin corporel ou un besoin de l’âme. Mais pour la guérison, avoir besoin d’amour».

Accueillir la gratuité «sans limite» de Dieu

Il y a donc deux sortes de comportements. D’un côté celui de Dieu, qui ne fait rien payer et dit ensuite aux serviteurs de faire venir des pauvres, des estropiés, des bons et des méchants. Il s’agit d’une gratuité «sans limites», Dieu «reçoit tout le monde», insiste le Saint-Père. D’un autre côté, il y a l’attitude des premiers invités, qui à l’inverse ne comprennent pas la gratuité. Ils sont comme le frère ainé de la parabole du fils prodigue, qui ne veut pas aller au banquet organisé par son père pour son frère qui était parti: il ne comprend pas.

«'Mais il a dépensé tout l’argent, il a dépensé l’héritage en vices, en péchés, et toi tu lui organises une fête? Et moi qui suis catholique, pratiquant, qui vais à la messe tous les dimanche, à moi, rien ?’ Celui-ci ne comprend pas la gratuité du salut, pense que le salut et le fruit du ‘je pays et tu me sauves’, développe François. Je paye avec ça, je paye avec ça, je paye avec ça… Non : le salut est gratuit! Et si tu n’entres pas dans cette dynamique de la gratuité, tu n’as rien compris. Le salut est un don de Dieu auquel on répond par un autre don, le don de mon cœur.»

«Le salut ne s’achète pas»

Le Seigneur «ne demande rien en échange»: «juste de l’amour, de la fidélité, tout comme lui est amour et fidèle», analyse le Pape, assurant que «le salut ne s’achète pas». «Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu» : voilà le salut. À l’inverse, revenant sur ceux qui pensent seulement à leurs propres intérêts, le Saint-Père explique que, quand on leur parle de dons, ils pensent tout de suite à la «contrepartie» : «je vais faire ça», et lui, ensuite, «en une autre occasion, il me le rendra». Ceux qui ne sont pas prêts à venir au banquet, «se sentent en sécurité», «sauvés par leurs propres moyens, loin du banquet». «Ils ont perdu le sens de la gratuité, le sens de l’amour. Ils ont perdu une chose plus grande et plus belle encore et c’est très mauvais: ils ont perdu la capacité de se sentir aimer.»

«Et quand tu perds, non pas la capacité d’aimer, qui se récupère, mais la capacité de te sentir aimer, il n’y a plus d’espérances, tu as tout perdu. Cela fait penser à ce qui est écrit sur la porte de l’enfer de Dante: ‘Laissez l’espérance’, tu as tout perdu», assure François, invitant à prier le Seigneur pour qu’il nous garde de perdre la capacité de se sentir aimer.

(SBL)

07/11/2017 12:49