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Lumen Fidei, première encyclique de François pour que la foi illumine nos vies


"Lumen Fidei"- Lumière de la foi - la première Encyclique du Pape François a été publiée vendredi 5 juillet. Le document a été présenté en salle de presse du Saint-Siège. Parmi les intervenants : le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, monseigneur Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et monseigneur Rino Fisichella, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Evangélisation.

Une encyclique fruit du travail de deux papes

Le texte prévu pour une publication en l'Année de la foi complètera la trilogie des encycliques sur la charité et sur l'espérance ( "Deus Caritas Est" et "Spe Salvi" ), les trois vertus théologales en étant le fil directeur. Lorsque le pape Benoît XVI a renoncé à sa charge, la possibilité que le texte soit publié sous une forme privée avait été évoquée. Le pape François a donc décidé d'assumer le texte, de le faire sien, de le compléter, soulignant ainsi la continuité des deux pontificats.

On se souvient que le pape Benoît XVI avait pour sa part assumé un projet de Jean-Paul II sur la charité en publiant sa première encyclique "Deus Caritas est". Le Pape François aurait un projet entièrement personnel sur la pauvreté, indiquait en outre le site du diocèse italien de Molfetta fin mai. La nouvelle aurait été confiée aux évêques italiens lors de la visite ad limina (13-16 mai), selon Monseigneur Luigi Martella, évêque de Molfetta, dans les Pouilles, dans le Sud de l’Italie. "Heureux les pauvres!" serait son titre, non pas au sens idéologique ou politique mais au sens évangélique.

En voici la synthèse :

Lumen Fidei - La lumière de la foi: c'est le titre de la première encyclique du pape François, publié aujourd'hui. Destinée aux évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses et à tous les fidèles laïcs, elle est divisée en quatre chapitres. L’encyclique – a expliqué le pape François – avait déjà été «presque achevée» par Benoît XVI. L’actuel souverain Pontife actuel a ajouté quelques «contributions supplémentaires à la «première ébauche». L'objectif du document est de retrouver le caractère lumineux propre à la foi, capables d'éclairer l'ensemble de l'existence humaine.

Celui qui croit, voit. Celui qui croit n'est jamais seul, car la foi est un bien de tous, un bien commun qui permet de distinguer le bien du mal, pour construire notre société en donnant de l'espoir. C'est le cœur de Lumen fidei: celle d'une foi qui ne sépare pas l'homme de la réalité, mais l’aide à comprendre sa signification profonde. A une époque comme celle contemporaine, écrit le Pape, dans laquelle la croyance s'oppose à la recherche et où la foi est considérée comme une illusion, un saut dans le vide qui empêche la liberté de l'homme, il est important de faire confiance et de se confier, humblement et avec courage, à l'amour miséricordieux de Dieu, qui corrige les distorsions de notre histoire

Jésus est le témoin fiable de la foi, par lequel Dieu intervient vraiment dans l'histoire. Celui qui croit en Jésus ne le regarde pas seulement, mais regarde avec son point de vue. Et comme dans la vie quotidienne nous faisons confiance à l’architecte, au pharmacien, à l’avocat, qui connaissent les choses mieux que nous, pour la foi nous faisons confiance à Jésus, un expert dans les choses de Dieu, celui qui nous explique Dieu. La foi n’est pas un fait privé, souligne le pape, parce qu'elle se confesse à l'intérieur de l'Eglise, comme la communion concrète des croyants. Et de cette manière, l'existence croyante devient existence ecclésiale.

Ainsi, le pape démontre le lien étroit qui existe entre la foi, la vérité et l'amour, qui sont confiés à Dieu. La foi sans la vérité ne sauve pas, rappelle le souverain pontife, elle reste juste une belle fable, surtout aujourd’hui où nous vivons une crise de la vérité en raison d’ une culture qui croit seulement à la technologie ou aux vérités de l'individu, à son profit et non à celui du bien commun. Le grand oubli du monde contemporain, souligne le Pape, est le refus de la grande vérité, est d'oublier la question de Dieu, parce qu’il craint le fanatisme et préfère le relativisme. Au contraire, la foi n'est pas intransigeante, le croyant n'est pas arrogant parce que la vérité qui vient de l'amour de Dieu ne peut être imposée par la force et n’ écrase pas l'individu. C’est pour cela que le dialogue entre foi et raison est possible: d'abord, parce que la foi éveille l'esprit critique et élargit les horizons de la raison, d'autre part, parce que Dieu est lumière, et peut être trouvé par des non-croyants qui le cherchent avec un cœur sincère. Qui se met en chemin pour faire le bien, souligne le pape, s'approche déjà de Dieu.

Un autre point essentiel de Lumen fidei est l'évangélisation: qui s’est ouvert à l'amour de Dieu, dit le Pape, ne peut pas garder ce don pour lui-même. Comme une flamme s’allume à une autre, la lumière de Jésus brille sur les visages des chrétiens et se transmet de génération en génération, à travers les témoins de la foi. Le lien entre la foi et la mémoire est donc fort, parce que l'amour de Dieu unit tous les temps et nous rend contemporains de Jésus.


Il y a cependant, un moyen spécial par lequel la foi peut être transmise: ce sont les sacrements. Avant tout le Baptême, qui nous rappelle que la foi doit être reçue dans la communion ecclésiale, parce que personne ne se baptise seul, et met en évidence la synergie entre l'Eglise et la famille dans la transmission de la foi. Ensuite, l'Eucharistie, nourriture précieuse de la foi qui nous apprend à voir la profondeur de la réalité. Et encore, la confession de foi du Credo et la prière du Notre Père. Enfin, les Dix Commandements, qui ne sont pas un ensemble de préceptes négatifs, mais des indications concrètes pour entrer en dialogue avec Dieu. La foi est une, rappelle le pape, et l'unité de la foi est l'unité de l'Eglise.

Dans son dernier chapitre, Lumen fidei explique le lien entre la croyance et la construction du bien commun : la foi, qui nait de l’amour de Dieu, renforce les liens entre les hommes et se met au service de la justice, du droit, de la paix. Elle ne nous éloigne pas du monde, écrit le pape, au contraire : si nous l’enlevons de nos villes, nous perdons toute confiance entre nous et nous restons ensemble uniquement par peur ou par intérêt. Les lieux illuminés par la foi sont nombreux en revanche : la famille fondée sur le mariage, compris comme une union stable entre un homme et une femme, et le monde des jeunes qui désirent «une grande vie» et à qui «la rencontre avec le Christ donne une espérance ferme qui ne déçoit pas. » « La foi n'est pas un refuge pour les personnes sans courage, dit le pape, mais l'expansion de la vie» et dans ce cadre, les JMJ permettent aux jeunes de montrer la joie de la foi et l'engagement de la vivre de manière solide et généreuse.

La foi éclaire aussi la nature, nous aide à la respecter, à « trouver des modèles de développement qui ne se basent pas uniquement sur l'utilité ou le profit, mais qui considèrent la création comme un don». Elle nous apprend à identifier les formes justes de gouvernement, où l'autorité vient de Dieu et se met au service du bien commun ; elle nous offre la possibilité du pardon qui permet de surmonter les conflits. « Quand la foi est perdue, le risque est grand que les fondements de la vie disparaissent», rappelle le pape. Pour cela, nous ne devons pas avoir honte de confesser publiquement notre foi en Dieu, dans la mesure où la foi éclaire toute la vie sociale.

Même la souffrance et la mort, en étant confiées à Dieu, revêtent un sens particulier. A l’Homme qui souffre, le Seigneur ne propose pas un raisonnement qui explique tout mais offre sa présence qui l'accompagne. En ce sens, la foi est liée à l'espoir. Et ici, le pape lance un appel: "Ne nous laissons pas voler l'espoir, ne permettons pas qu’il disparaisse dans des solutions et des propositions immédiates qui entravent notre chemin. » L’encyclique s’achève donc par une prière à Marie, une « icône parfaite» de la foi, pour qu’elle nous apprenne à regarder avec les yeux de Jésus.